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 Après le Feu...[Amélia]

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Thiago
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MessageSujet: Après le Feu...[Amélia]   Mar 20 Juil - 13:30

« Accompagnée de mille squelettes,
Sur son passage elle détruira tout,
Imaginez sur le sol toutes ces têtes,
Ce monde va mourir autour de nous.

Et nous, nous irons tuer
Au clair de lune enragée... »


Prophéties de la Lune



Depuis quelques lunes déjà, la sécheresse s’était installée sur les terres des Hommes. La Forêt, qui appartenait à part entière aux Loups, n’avait de loin pas été épargnée par cette vague de chaleur insoutenable. Les prairies de la vaste Plaine c’étaient embrasées. Le Feu, peu à peu, s’était rependu vers l’étendue végétale, caressant de sa langue enflammée, le vert feuillage asséché. La Forêt, si belle, c’est entachée de paysages lunaires et désolés par endroit. On dit que là ou le feu passe, il ne peut y avoir de vie. Mais les gens se trompent. Car la Nature recèle bien des mystères… Oui, de la magie reste enfouit dans l’âme de ses enfants. Déjà… quelques pousses d’herbes émergent des cendres noircies.
C’est dans ce paysage dévasté qu’une silhouette masculine, grande et imposante sous un long manteau de cuir sombre, marchait sans but réel. Ses cheveux de jais dansaient au rythme irrégulier de la brise nocturne, alors que la Lune, pleine, éclairait son visage ténébreux, se reflétant dans ses iris argentés. D’un air attristé, il enfonça son pied dans la cendre, y laissant une profonde empreinte de chaussure. Lorsqu’il retira son pied, une jeune pousse d’herbe sauvage s’élevait sous la fine pellicule de charbon qui restait. Un petit sourire se dessina sur le visage de l’homme. La Forêt reprenait toujours ses droits…

Thiago s’avança dans cette toute nouvelle étendue désertique, d’un pas lent, tranquille. La nuit était à peine entamée, il avait le temps. Le temps de flâner ou bon lui semblait. Il s’arrêta un peu pour plonger son regard dans cette Lune aux doux reflets argentés. C’était comme un réflexe pour lui, regarder cet astre l’apaisait, et tout à la fois, le tourmentait. Car inconsciemment, il songeait aux Prophéties, et à tout ce que cela entraînerait. « Heureux celui qui ne connaissait pas la vérité. Malheureux celui qui ne cherchait pas à la connaître. Il n’y a pas de juste milieu. »
Le Grand Loup continua son chemin, en silence, s’enfonçant peu à peu dans cette grande prairie carbonisée par les rayons du soleil. Au loin il pouvait distinguer les lumières scintillantes de la ville. C’était comme si toutes les étoiles s’étaient concentrées en ce lieu. Certain aurait trouvé cette vision - à l’image de cette métaphore - très belle. Mais pour Thiago, elle ne lui inspirait que du dégoût. Pourtant, c’est avec une attention toute nouvelle qu’il regardait cette cité diablesse. Le visage d’une belle hybride aux longs cheveux bruns se rappela à son esprit et il fronça les sourcils d’un air sombre. Il n’irait pas la voir, pas ce soir. Il se l’était promis intérieurement. Parce que c’était trop… beaucoup trop nouveau pour lui.

Pourtant il était là, comme un pantin relié à son marionnettiste. Là à songer comme un imbécile. Soudain, une bourrasque un peu plus violente vint apporter une odeur enivrante, familière. L’odeur s’engouffra dans ses narines entrouvertes et il ferma les paupières. Un léger rictus se dessina sur ses lèvres, aux souvenirs bouillants que cette fragrance inspirait au Loup. Lorsque ses paupières s’ouvrirent, il les posa immédiatement en direction des vieilles ruines, dissimulées par le bois. Mais il ne vit rien. Pas de silhouettes graciles, pas de longues mèches blanches dansant librement au vent, pas d’élégante robe blanche aux jupons flottants. Seulement le silence de la nuit claire. Ce devait être un fantasme ? Non, car il sentait encore son odeur, et il ne pouvait pas s’y tromper. Il se tourna lentement, le regard attentif aux moindres mouvements. Un grondement profond s’échappa de sa gorge, en guise d’avertissement.

*Montres toi…*

La dernière fois qu’ils s’étaient vus, cela c’était mal passé, et Thiago en avait encore le goût amer dans la bouche. A présent il ne savait pas à quoi s’attendre. La Maître Vampir avait perçue son odeur, de ça il ne pouvait en douter. Mais oserait-elle le rejoindre ? Il n’en était pas certain. Tout dépendrait de son bon vouloir, comme toujours. Par mesure de précaution, il posa lentement sa main sur la garde de son sabre, dissimulé sous son manteau. Puis un grognement d’impatience résonna vers les ténèbres de la forêt silencieuse. Thiago aperçut vaguement un mouvement dans l’ombre. C’était trop subtil pour qu’un simple humain le perçoive, mais il n’était pas un simple humain. Il se redressa et soupira.

- Amélia…

Sourcils froncés, il retira ses doigts de son arme. Idée saugrenue. Il n’avait pas besoin de cela après tout. Il se contenta de croiser les bras sur son torse musclé et d’attendre patiemment que la Dame daigne bien se montrer enfin.

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Amélia
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MessageSujet: Re: Après le Feu...[Amélia]   Jeu 22 Juil - 14:11

Viles créatures humaines qui sèment les ténèbres derrière eux sans même s'en soucier. Ils n'ont de cesse de se plaindre en poussant de cinglantes complaintes, mais jamais ne réfléchissent. Lorsque l'hiver est à leur porte, le froid les agresse et ils réclament les timides rayons d'un soleil roi. Lorsque la pluie les inonde, ils geignent encore et de nouveau, réclament les rayons d'un soleil triomphant. Mais lorsque l'astre solaire se montre dans toute sa grandeur, lorsqu'il fait de l'air un atmosphère étouffant qui vous prend à la gorge... Là encore, ils gémissent. La chaleur leur est mortelle, futiles créatures humaines, incapables de résister à quoi que ce soit. Le soleil qu'ils aiment tant les a ainsi assoiffé, un temps, il les a torturé et tel un Dieu impartial, il les a puni pour leur faiblesse et leur inconscience. Toutefois de sa main maladroite, le Soleil ne trouva rien de mieux que d'embraser les plaines et son herbe sèche, aussi rigide que de la simple paille. La sécheresse avait mordu les terres humaines et Loups comme Vampires venaient maintenant à payer le prix de la bêtise humaine. Nos terres furent partiellement ravagées et elles ne devinrent que désolation. Piètre paysage qui ne méritait pas qu'on s'attarde à le regarder, laid comme il était.

Cela faisait un moment que je n'étais pas sortie des ruines, par un tel temps il ne faisait pas bon de s'aérer car même la nuit, la fraîcheur était absente et j'avais une sainte horreur de l'atmosphère actuel. Pourtant ce soir, les choses étaient différentes car la Pleine lune apportait une faible brise qui ne pouvait qu'être agréable, bien qu'elle ne fasse que balayer les cendres stagnant encore au sol. J'appréciais d'ordinaire la sensation de l'herbe tendre sous mes pieds, pliant faiblement sous mon poids mais se redressant de plus belle après mon passage, fière. Les Plaines étaient en principe recouvertes de verdure et la brise apportée par la lune aurait dû faire onduler gracieusement ce paysage angélique. Il n'en fut rien. Mes pieds nus se posèrent sur une terre sombre et encore chaude. Loin de disparaitre, les traces de mes pas demeuraient et seule ma robe parvenait à les faire s'effacer, traînant derrière moi mais s'imbibant en contre-partie d'une poussière d'ébène à l'odeur désagréable. Plus par habitude que par réelle envie, mes pas me guidèrent jusqu'à la forêt, elle aussi entachée de toutes nouvelles ombres ardentes. Des arbres calcinés se trouvaient sur mon passage, d'autres n'avaient pas même eu le courage de rester debout et s'étaient effondrés sur leur voisin, coupés sèchement en leur milieu.

Ce paysage ne me plaisait pas, pourtant une partie de moi s'en réjouissait cyniquement. Le territoire d'Azghar avait souffert et contrairement aux Vampires, les Loups n'avaient que ce lieu pour se cacher. Nous avions au moins cet avantage sur eux : toujours d'apparence humaine, nous pouvions nous réfugier en ville en un endroit lugubre... Malgré cette partie de moi, je n'étais pas d'humeur souriante et mes lèvres demeuraient inexorablement closes, barrant mon visage d'albâtre vidé de toute expression. La faim ne me tenaillait pas, pourtant cela faisait déjà un temps que ma gorge n'avait pas goûté un sang quelconque. Ceci avait au moins un avantage : mes sens étaient un peu plus aiguisés et par conséquent, j'avais été en mesure de distinguer une faible odeur me ramenant quelque souvenir en mémoire. J'hésitais. A quoi bon rejoindre ce grand loup au pelage ténébreux, teintés de quelques reflets embrasés ? Je n'avais rien à lui dire, je pense, et son état ne devait pas être mieux que le mien. Pourtant, mes jambes se mettaient déjà en route, peut-être dans le simple but d'avoir un souvenir plus plaisant de lui. Le dernier, aussi loin que je m'en souvienne, n'était pas des plus joyeux. Marchant ainsi dans la partie de la forêt qui n'avait pas encore subi le courroux des flammes vengeresses, je l'aperçus au loin, se tenant droit enveloppé d'un long manteau au milieu des vestiges de ce qui fut un jour une forêt verdoyante.

Une faible bourrasque naquit dans mon dos, faisant joliment virevolter mes mèches blanchâtres devant moi mais portant en contrepartie mon odeur jusqu'à lui. Bien évidemment, il ne tarda pas à me repérer et son regard se posa d'abord sur les ruines - semble-t-il -, alors qu'un grondement s'échappait de sa gorge, m'arrachant un étonnement. Était-il à ce point rancunier ? Peut-être ne devrais-je pas m'approcher davantage, en ce cas. Mon sourcil droit s'arqua alors que je le voyais porter sa main à l'arme dissimulée sous son manteau. Depuis quand m'accueillait-il de cette façon ? Était-ce une nouvelle lubie de sa part ? Qu'importe... Un nouveau grondement, aussi sourd que le premier, s'échappa encore de sa gorge alors que je me remettais en route, ayant la ferme intention de l'éviter soigneusement pour l'accueil qu'il me réservait déjà. Sans que je n'en sache réellement l'origine, le Loup se redressa et prononça mon nom avant de retirer sa main de son arme, m'incitant à m'arrêter de nouveau. Ses bras se levèrent alors afin de se croiser sur son torse, m'arrachant un sourire malgré moi. Je le reconnaissais bien là : pas l'ombre d'une expression gracieuse sur son visage, et une fierté abominable. Ma marche reprit et j'apparaissais alors, foulant de nouveau la cendre de mes pieds, chose qui m'arracha un soupir.

Je n'étais pas très loin de lui, deux ou trois mètres peut-être qui seraient réduits à peu de chose si lui, ou moi, décidions de nous rapprocher. Cette idée était, pour le moment en tout cas, loin d'être une priorité. De profil par rapport à lui, ma main droite vint à se perdre dans ma chevelure alors que mes yeux se décidaient à se fermer. Pas une seule fois depuis que j'étais sortie de la forêt, je ne m'étais aventurée à le regarder. Inutile une fois encore, ce n'est pas comme si c'était la première fois que je voyais sa silhouette élancée, parcourut de muscles fuselés, capables du meilleur comme du pire. L'imitant sans y prêter grande attention, mes bras se croisèrent sur ma poitrine, cachant ainsi le maigre décolleté de la robe blanche que je portais. Non sans mal, mes paupières se soulevèrent alors que mes pupilles étaient déjà posées sur lui. L'observer alors que quelques paroles passaient la barrière de mes lèvres était, je suppose, la moindre des choses.

" Depuis quand m'accueilles-tu de cette façon, Thiago ? "

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Dernière édition par Amélia le Ven 15 Oct - 11:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Après le Feu...[Amélia]   Mer 29 Sep - 19:18

« Convoitée par tous les hommes, elle ne cède à aucun et semble se moquer de tous… »


Un reflet pâle s’immisça à nouveau à travers la densité des arbres. Tant qu’elle restait cachée derrière les feuilles, il ne la verrait pas. Mais lorsqu’elle foula le terrain charbonneux qui entourait Thiago, elle apparut enfin à la lumière du clair de Lune. La blancheur de sa peau, de ses vêtements et de ses cheveux ondulants sous la brise tranchait fortement avec le paysage désolé et sombre. Tout comme elle jurait indéniablement avec le grand ténébreux qui lui faisait face. Les deux opposés s’attirent souvent, comme le disait naïvement le vieil adage. Pour le Grand Loup, c’était un dicton qu’il refusait de croire. Notamment depuis que la vampire l’avait tout bonnement et simplement ignoré lors de leur dernière rencontre. A présent, et il ne savait pas encore pourquoi, Il pressentait plus la vérité dans cet autre adage qui disait : « Qui se ressemble s’assemble ». Bien entendu, tout cela restait encore à prouver… De toute évidence, l’un ou l’autre n’était que le simple choix d’un hasard impartial qui parfois (même souvent) nous arrangeait bien.

Le grand Loup ne bougea pas. Faire un pas en avant alors qu’elle se trouvait à peine à quelques mètres de lui, lui semblait totalement superflu pour l’instant. Il se contenta de la regarder, de suivre sa main alors qu’elle lui offrait le spectacle de la gracieuse et sensuelle vampire. Spectacle attractif, certes, qu’il ne s’empêchait pas de contempler, mais spectacle vu et revue avant toute chose. Thiago le connaissait maintenant presque par cœur. Les paupières clauses renfermant ces merveilleuses pupilles améthyste ne tarderaient pas à s’ouvrir avec une lenteur exagérée, pour finalement donner un effet qui méritait bien la peine d’être regardé : celui de la volupté. Ce regard violet valait le détour, à n’en pas douté. Ainsi braqué sur lui, Thiago ne put retenir un sourire amusé. Il avait deviné toute la gestuelle. Mais comment ce faisait-il qu’il connaisse si bien la vampiresse au corps gracile ?Le fait est que… Il avait eut tout le loisir de l’étudier…dans les moindres détails si l’on peut dire. Son sourire s’élargit quelque peu lorsqu’Amélia jugea bon de l’imité en croisant ses bras fins sur sa poitrine menue. Ce n’était qu’une pâle copie de l’originale, mais elle était bien plus agréable à regarder, néanmoins.

" Depuis quand m'accueilles-tu de cette façon, Thiago ? "

Il arqua légèrement un sourcil, soutenant son regard inquisiteur. Sur le coup, il ne comprit pas immédiatement ou elle voulait en venir. Son accueil, si tant est que c’en fut un, n’était pas bien différent des autres. Ni même plus désagréable ou condescendant. Il s’était contenté de l’appeler puisque de toute évidence il la savait dans les parages à l’observer. Son sourcil repris sa place initial sur son visage de marbre, et l’espace d’une seconde, ses pupilles d’argent vinrent glissèrent vers la garde de son épée, à peine dissimulée sous son manteau. Puis elles revinrent se concentré sur le visage irréel de son interlocutrice, alors que ses lèvres sensuelles s’étirèrent en un vague rictus. Elle avait dû assister à l’instant de méfiance qu’il avait eut un peu plus tôt en frôlant son arme. Il n’aurait su dire si, à cet instant, c’était de la peur, de la déception, ou de la surprise qu’elle avait ressenti. Peut-être bien les trois à la fois, chose qui, à bien y réfléchir, serait fort plaisant. D’un geste lent, et sans quitter la Dame des yeux, il replaça correctement le pan de son manteau pour recouvrir la lame. Les muscles de son torse et de son abdomen saillaient joliment dans l’ouverture de sa veste. Image parfaite de la tentation à l’état pur. Il ne s’était passé que quelques secondes depuis qu’elle avait brisé le silence de cette nuit chaude et étouffante. Il se décida enfin à lui répondre.

- Tu joues à cache-cache …?

Comme souvent, il n’avait pas répondu à la supposée question d’Amélia. Il n’était pas du genre à se justifier devant quiconque... encore moins si c’était pour ne rien dire. Il la fixait d’un air mi-hautain, mi-amusé. Cette expression à part entière qui faisait de lui un charmeur, quand bien même il ne souhaitait pas l’être en cet instant précis. Il pencha légèrement la tête sur le côté droit, tandis que le silence retomba amèrement entre les deux protagonistes de cette histoire nocturne. Dans l’air, une brise se fit violence pour soulever du sol une volute de poussière charbonneuse, enveloppant les jupons immaculés de la belle, pour finir sa course en s’entrelaçant autour des longues jambes musclées de l’homme.

« …Pourtant à peine ces mots prononcés, et la terre se met à trembler… »

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MessageSujet: Re: Après le Feu...[Amélia]   Ven 15 Oct - 11:56

Un paysage désolé et deux êtres qui le sont au moins tout autant. L'un parce qu'il a toujours un air lointain afin de lui éviter la brusquerie des émotions soudaines ; l'autre parce qu'il est véritablement désolé du spectacle affligeant qui s'offre à lui, qu'importe qu'il s'agisse là du territoire ennemi ou non. Voir ainsi la forêt dévastée me laissait perplexe quant aux jours à venir. Elles avaient beau être à l'agonie l'une et l'autre, la forêt et la plaine demeuraient deux lieux éloignés de la ville où l'air était un minimum respirable si on était en mesure de trouver un peu d'ombre. Mais qu'adviendrait-il si, en plus des souffrances qu'elles connaissent déjà, les humains venaient piétiner impunément leurs sols poussiéreux ? Y penser me rendait plus ou moins désagréable, et, assurément, voir Thiago en ce jour - aussi plaisant soit-il -, n'allait pas arranger mon état. Le caractère du Loup était à part, globalement ciblé, et la façon que nous avions eu de nous quitter la dernière fois avait dû lui déplaire. Si tel était le cas, il allait sans nul doute me le faire sentir. Quoique j'espérais encore me tromper.

De pareilles réflexions m'empêchèrent de voir ses lèvres s'étirer en un sourire au fur-et-à-mesure de mes gestuelles diverses ; chose qui était fort regrettable car de telles expressions sur son visage étaient bien rares. Lui qui se donnait des airs sérieux, il semblait ne pas s'autoriser à sourire. Ou, tout du moins, rarement. Ma phrase le laissa pantois un temps, aux vues de ce sourcil arqué et de ses yeux braqués sur les miens, comme pour y chercher une sorte de complément à la question posée. Grand garçon qu'il était, il n'eut pas besoin de ça et son regard s'égara de lui-même, une fraction de seconde suffisante, sur son arme. La seconde qui suivait, un geste lent et presque las lui permettait de recouvrir l'origine même de la question de son long manteau. Sa voix fendit à nouveau l'air, d'une façon qui, peut-être, était un peu plus calme que mon prénom prononcé peu avant. Nouvelle question et de ce fait, il ignorait la mienne. Peu importe, elle n'était pas jugée existentielle alors je pouvais m'en passer.

Jouer à cache-cache n'était pas le terme le plus exact qu'il ait jamais trouvé. Mais de son point de vue, mon attitude précédente aurait pu être ainsi interprétée. S'il s'agissait de me trouver moi, alors je venais de perdre en me dévoilant de par ma simple volonté. A cette pensée, un bref soupir m'échappa et mes yeux se détournèrent de sa silhouette, parcourant la surface sombre des terres avant de se perdre sur la ville lointaine, encore éclairée. Si les bâtiments désireux de toucher le firmament ne venaient pas trancher avec le ciel sombre de la nuit, on aurait pu penser naïvement que les étoiles descendaient jusque sur Terre, aussi artificielles soient ces dernières. Une brise s'éleva à nouveau pour faire se détacher quelques particules poussiéreuses du sol devenu presque sableux ; peut-être était-elle désireuse de balayer aussi le silence qui s'était installé. Sans adresser de nouveau regard à Thiago, mon corps se détourna et mes pieds nus s'avancèrent à nouveau dans la cendre, m'amenant directement à un arbre calciné tenant encore miraculeusement debout. Mes pieds et ma robe - peut-être même mes cheveux, au moins partiellement - étaient déjà recouverts d'une poussière tenace d'un gris sombre, alors venir poser une main sur le tronc d'arbre n'était plus une chose que je m'interdisais, étant donné mon état en l'instant. Songeuse, je lui répondis, exauçant l'éventuel souhait formulé par la brise.

" S'il on veut. J'aime jouer, et tu n'es pas sans le savoir. "

Le simple frôlement de mes doigts fins à la surface de ce qui fut un jour une écorce entraîna un morcellement important, et un fragment de bois calciné se retrouva dans ma paume, alors que la silhouette sinistre de l'arbre grinçait en se heurtant à un frêle courant d'air. C'est en ayant les yeux rivés sur la particule de charbon au creux de ma main que je me détournais encore, faisant face à Thiago derechef. Et puis les ombres apparentes m'amenèrent à repenser à la source principale de lumière de cette nuit là. Cette même source expliquait l'apparence humaine du Loup et pourtant, je n'y avais pensé plus tôt. Mes yeux demeuraient toujours braqués sur ma main, et, un à un, mes doigts se refermèrent gracieusement sur eux avant d'infliger une pression momentanée qui réduisit en poussière le morceau de bois brûlé qui reposait au creux de mes griffes. Mes doigts se desserrèrent à nouveau, laissant s'échapper les cendres à la première brise venue. Cela dit, un choc répété entre mes deux mains fut nécessaire pour que ces dernières retrouvent une totale blancheur. Mes yeux se reportèrent alors sur le corps de Thiago avant que mes bras ne se croisent à nouveau sur ma poitrine.

" Que fais-tu là, alors que la lune est pleine ? "

Aussi loin que je m'en souvienne, le loup avait des tendances solitaires ainsi, il n'allait peut-être pas souvent en ville. Cela dit, les occasions étaient tellement rares pour les Loups que la plupart, bien que solitaires, préféraient changer un peu d'air quitte à se rendre, pour ça, dans les rues polluées et bruyantes de la ville. Toutefois, s'il y avait une raison à sa présence en ces lieux... Et même s'il n'y en avait aucune, je n'étais pas certaine d'obtenir une réponse de la part de ce Loup séduisant au caractère, disons, bien trempé.

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MessageSujet: Re: Après le Feu...[Amélia]   Jeu 4 Nov - 2:41

Calme froid. C’était étrange comme la nature arrangeait les choses. Comment l’atmosphère pouvait-elle être aussi froide, après un phénomène aussi brûlant qu’un brasier consumant des hectares de végétation pendant toute une journée ? Pourtant, Thiago pouvait deviner que ce n’était pas tant du fait de la nature que du fait de nos deux protagonistes, si l’air semblait aussi dénué de chaleur. Amélia conservait toujours son attitude calme et posée. Quoique ses gestes ne fussent pas dénués de sensualité et de grâce, on devinait qu’elle cherchait à garder une certaine distance entre elle et son interlocuteur. Le Loup avait parfois bien du mal à comprendre cette femme, trop inaccessible, qui semblait imprégnée d’un voile de mystère. Peut-être qu’en cela, ils se ressemblaient un peu. L’Originel aussi était un être inaccessible et distant.
Non…Elle était un Vampire, il était un Loup. Ils n’avaient pas la même façon de penser, de tuer… Thiago était une bête sauvage, un animal solitaire. Amélia était un démon sans pitié… elle était l’Ange de la Mort…


- S’il on veut…J’aime jouer, et tu n’es pas sans le savoir.

Cette remarque arracha au Loup un second rictus amusé, qui vint recouvrir le précédent. Pour le savoir, il le savait fort bien. Bien qu’ils aient par le passé, tous les deux jouer à des jeux plus intimes, Thiago connaissait à la vampire des amusement bien moins sensuelles, mais sans doutes tout aussi jouissif pour elle. Non, c’était plutôt cet air songeur qui l’amusait. Il ne savait guère si c’était là du détachement intentionnel, ou le fruit d’une certaine nostalgie latente. Comme elle s’était détournée plus tôt, caressant la carcasse calcinée d’un arbre, jadis maître des lieux, il pouvait à loisir détailler son interlocutrice. Comme à son habitude, elle prenait soin d’accentuer la pâleur hivernale de son teint, s’habillant de robe blanche et longue. A présent, cette dernière était recouverte d’une fine pellicule de poussière, mais on ne pouvait nier la beauté du vêtement. Le corsage lui faisait une taille si fine que Thiago pourrait presque en faire le tour en y joignant les deux mains. Lorsqu’elle se retourna, leurs regards se croisèrent brièvement, mais bien vite, Loup comme Vampire suivaient des yeux la fine volute de poussière charbonnée qui émanait de la paume d’Amélia. Les restes du morceau de charbon qu’elle venait d’écraser entre ses doigts retombèrent paresseusement pour rejoindre leur congénères au sol.
Si fragile et pourtant si puissante. Amélia n’était qu’une vaste contradiction à elle-même. A la fois si belle, et pourtant monstrueuse. En même temps brutale, et à l’apparence si sophistiquée.


- Que fais-tu là, alors que la lune est pleine ?

Cette voix mélodieuse venant briser le silence trop pesant sortit le Grand Loup de ses réflexions songeuses. A vrai dire, la question était plutôt, que faisait-
Elle là, alors que ce paysage désolant recouvert d’une suie d’apparence immuable, ternissait sa beauté enchanteresse…
Cependant, il n’avait aucunement l’envie de lui poser cette question. Premièrement par simple fainéantise à ouvrir la bouche pour si peu, et deuxièmement, par la simple considération qu’elle n’y répondrait peut-être, voir sans doute, pas. A présent, il réfléchit lui-même à sa propre présence ici. Était-ce si étonnant, qu’un Loup se promène sur le territoire des Loups, un soir de Pleine Lune ? Pour Thiago, pas vraiment. Mais la vampire devait probablement penser que les Originels, du fait qu’ils soient si peu souvent sous forme humaine, en profitent allègrement pour se mêler à la foule. Notre Loup n’était pas de ceux-là. Il préférait de loin le calme. Mais il fallait avouer qu’il y avait énormément de choses à faire qui étaient bien loin d’être désagréables sous forme humaine… Les femmes, entre autre, contribuaient à ce genre d’amusements.

Devrait-il dire à Amélia que c’était une histoire de femme qui l’avait mené en ce lieu, à observer mélancoliquement les lumières aveuglantes de la cité ? A l’évidence, non. Mauvaise idée. D’une part parce qu’elle l’interpréterait de la plus mauvaise façon qui soit, et d’autre part car il redoutait sa réaction. De toute évidence, la présence d’Amélia devant lui en ce moment, et l’évocation précédente d’un quelconque jeu lui avait fait reconsidérer ses plans pour la soirée. Etrangement, il en fut soulagé. Car la perspective de ce qu’il voulait faire avant de rencontrer la vampire ne l’enchantait pas, et ce, bien qu’il ne manquerait pas d’en tirer satisfaction. Il fallait qu’il contrôle cette pulsion qu’il avait depuis quelques temps. Cette attraction grandissante qui le nouait de plus en plus au visage sublime de la jolie hybride aux cheveux sombres. Il avait sa petite idée pour se la sortir de la tête. Quoi que ça ne fonctionnerait peut-être pas…Mais on pouvait toujours essayer.
D’un mouvement rapide de la tête, il montra à Amélia la ville de lumière. C’est là qu’il ne voulait pas aller, mais c’est finalement là qu’il se résignerait à aller.

- J’allais faire un tour en ville…

Il fit un genre de rictus malicieux, révélant une fine fossette au coin de ses lèvres, qui lui donnait un air inconsciemment irrésistible. Il hésitait encore, pas vraiment sûr de la réaction de la vampire. Après tout, il ne s’entendait plus si bien… elle avait elle-même poser des barrières entre eux, alors pourquoi abattrait-elle ces mêmes barrières ne serait-ce que le temps d’une soirée ? Parallèlement, Thiago se dit que quoi qu’elle fasse, la réponse serait-toujours intéressante et pleine de surprise. Il lui tourna lentement le dos, s’engageant déjà vers la ville. Puis il s’arrêta et tourna son visage vers elle, arquant un sourcil.

-…Tu ne voudrais pas m’accompagner par hasard… ?


Avec une sensualité et une animalité qui lui était propre, il glissa ses doigts dans ses cheveux d’ébène, en plaquant les mèches rebelles vers l’arrière, dégageant ainsi son visage ténébreux et ses yeux d’argent.

-...J’ai peur de m’ennuyer…


Son sourire avait disparu, mais son regard en disait long. Le Loup s’amusait clairement de la situation…



« Allons, ma reine, dans un grave silence,
Courons après l’ombre de la Nuit,
Plus vite que la Lune errante… »

Shakespeare – Le Songe d’une Nuit d’Eté


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MessageSujet: Re: Après le Feu...[Amélia]   Dim 28 Nov - 21:36

Mon attitude, mes paroles, la situation, que sais-je encore. L'un de ses éléments - ou peut-être tous, si je m'autorise un certain optimisme - lui avait arraché avec difficulté un sourire trahissant chez lui une sorte d'amusement, visiblement. Un amusement non partagé pour une fois. Un bref mouvement de tête fut lancé, et, le suivant du regard, mes yeux améthystes allèrent se perdre sur les étincelles constantes des lumières de la ville lointaine. Les hauts immeubles étaient visibles de loin, et ce ne serait sans doute pas les plaines inexorablement plates qui allaient limiter la contemplation d'un pareil paysage artificiel. Paysage construit de toute pièce qui pouvait être balayé d'un revers de main. Cela dit, les humains étaient capables de grandes prouesses - n'allons pas jusqu'à dire, cependant, que ces mêmes prouesses sont " belles -, par rapport au peu de force qu'ils possédaient. La voix du Loup résonna calmement, avouant silencieusement une vérité cachée. Ainsi, il comptait se diriger en ville ? Étrange. Lorsque nous nous étions si glorieusement abordés un peu plus tôt, se balader au beau milieu des hauts bâtiments ne semblait pas être dans ses projets. Quoiqu'il en soit, qui étais-je pour juger de ses envies ou même de ses désirs ? Mes yeux pivotèrent encore, retraçant instinctivement le chemin fait au préalable pour venir se heurter à nouveau au visage fin de l'Originel. Un nouveau rictus de sa part m'étonna puis il ouvrit la marche, s'aventurant à me tourner le dos. Quelque part, cette attitude avait un air de provocation. Il osait me tourner le dos. Toutefois, au vue de ce que nous avions vécu ces derniers temps, c'était compréhensible. Je crois.

Le suivant un moment, mes yeux abandonnèrent bien vite l'idée, et se résignèrent à retrouver les ruines cachées en bonne partie par les bois intacts. Psychologiquement, je me préparais déjà à les rejoindre pour y séjourner encore et encore en attente d'un nouveau jour. Ou plutôt d'une nouvelle nuit. La chasse ne me tentait pas réellement, à moins que la rencontre avec Thiago ne m'ait simplement coupé l'appétit, aussi étonnant cela puisse paraître. Pourtant ses pas foulant le sol cendré cessèrent et son visage pivota légèrement. Un semblant d'étonnement, peut-être, parcourut ses traits et à nouveau sa voix se fit entendre, m'arrachant un autre regard ; un de plus. Aussi déconcertante soit-elle, sa proposition ne m'arracha aucune expression, tout juste un soupir. Depuis quand ce grand garçon avait-il besoin d'un chaperon ? Depuis quand ce grand solidaire avait-il besoin de compagnie ? Ses mots eurent finalement raison de moi et c'est un sourire qui étira mes lèvres alors que mes yeux se fermaient peu à peu. Par-dessus tout, la conclusion qu'il apporta après son numéro de beau gosse ténébreux me poussa à accepter. Peur de s'ennuyer. Depuis le temps que nous nous connaissions, lui et moi, je crois pouvoir être en mesure d'affirmer que jamais il n'avait été capable de me faire sourire autant que ce soir. Tout particulièrement en cet instant. Son sourire insolent s'était effacé de son visage, mais son regard ne variait pas. C'était presque effrayant de voir que peu importait les mots, au fond, il était possible de voir ce qu'il souhaitait au travers de son regard.

Nouveau sourire de ma part et mes pas s'enchaînèrent au ralenti sur le sol poussiéreux. Pieds nus, vêtue maintenant d'une robe plus grise que blanche, j'allais me rendre en ville, en sa compagnie. A priori, tout du moins, car l'envie n'était pas insusceptible de me passer en cours de route. Et qu'allions-nous y faire ? Pourquoi deux personnes de notre caste, pourquoi deux personnes de notre rang, iraient-elles se mêler aux faibles humains fourmillant en ville ? Pour le peu d'humains qu'il restait à ces heures, les regards se tourneraient encore en notre direction, prenant peur devant des êtres surnaturels. S'émerveillant devant des monstres au charisme éclatant. Que le monde était mal fait, parfois... Mon rythme de marche n'avait pas été des plus rapides jusqu'à maintenant, et pourtant, petit à petit, les mètres nous séparant lui et moi, s'amenuisèrent pour presque disparaître, finalement. A proximité de lui, bien qu'en contrebas, mes yeux le détaillèrent, comme toujours. Une fâcheuse habitude que j'avais lorsqu'il était dans les parages. A croire que je ne l'avais pas encore vu sous toutes les coutures, depuis le temps que nous nous connaissions. Longeant d'abord ses clavicules sans toutefois s'être abstenu d'un bref regard sur son torse partiellement découvert, remontant ensuite lentement à hauteur de sa gorge en y restant davantage, mes yeux finirent leur course dans le regard du Loup. Ils n'avaient pas manqué non plus de s'attarder brièvement sur ses lèvres, de remonter jusqu'à ses mèches brunes pour revenir finalement à ses yeux argentés. Et un sourire mi-sincère, mi-hypocrite étira brièvement mes lèvres. Une pâle imitation.

" J'y croirais presque, Thiago... "

Sans attendre davantage une nouvelle réaction de sa part ; sans attendre de sa part un nouveau commentaire ou quoi que ce soit d'autre, mes pas s'enchaînèrent encore et encore, m'éloignant de la forêt lentement. La lune était, bien évidemment, pleine ce soir ; alors les Loups seraient en ville. Quelques uns tout du moins... Et comme toutes les nuits, les membres de cette fameuse Coalition traineraient dans les rues avec le vain espoir de tuer quelque membre de mon "illustre race", comme le diraient certains. Depuis quelques temps et au moins à mes yeux, la ville n'avait plus le même charme qu'auparavant. D'ordinaire, j'aimais tout particulièrement y flâner, ne serait-ce que pour vagabonder au travers des rues, observer les vitrines des magasins fermés depuis plus ou moins longtemps. Un soupir m'échappa alors que mes yeux se posaient sur un paysage sans cesse identique. Un paysage aussi sombre que le ciel. Des terres recouvertes d'une ombre immense aux rares reflets d'argent. Mes bras se croisèrent alors sur ma poitrine et ma tête rentra un peu plus entre mes épaules. Une attitude qui pourrait laisser croire aux esprits les plus naïfs que j'avais froid, ou que la brise légère parcourant quotidiennement les plaines avait un quelconque effet sur moi, ou ma température extérieure. Qu'importe le temps qu'il pouvait bien faire, ma peau restait glaciale... Cela dit, je n'étais pas totalement insensible à toutes les variations de température ; ainsi, par exemple, la peau brûlante des Loups sur la mienne n'était pas foncièrement désagréable...

" As-tu une idée de ce que tu comptes faire là-bas ? Pas que j'y ai quelques ennemis, mais tout de même... "

Des ennemis qui se multipliaient d'ailleurs sans cesse, si bien que je ne pouvais pas véritablement me rendre là où je le souhaitais. Mais qu'importe. Il était sans doute trop tard pour rejoindre les Ruines, maintenant. Elles étaient d'ailleurs dans mon dos depuis quelques minutes, et l'air désagréable de la ville commençait à se faire sentir petit à petit. Les fermes se profilaient tout d'abord de plus en plus. Les rares maisons, les champs, et les animaux qui y étaient élevés. Plongés dans un état de semi-éveil, ils étaient bien les seules créatures susceptibles de nous repérer où que nous allions. Là où les humains ne voyaient rien. La Lune semblait éclairer progressivement le chemin qui s'ouvrait à nous deux. Et pourtant, en dépit de la beauté de la Lune et de ses rayons, j'avais grand mal à trouver ce paysage ravissant. Ou même simplement "agréable". Mes pas n'avaient pas été très rapides jusqu'à maintenant, mais voilà qu'ils devenaient un peu plus lents encore. Un instant, Thiago avait réussi à me faire sourire en imaginant éventuellement une visite aux humains. Un instant, il avait réussi à me tenter suffisamment pour que j'accepte de lui servir inutilement de chaperon. Et pourtant, maintenant que je me retrouvais devant le fait accompli, ces instants passés semblaient n'avoir jamais existé. Ou, sans aller jusque là, ils semblaient n'être qu'un grain de poussière par rapport à la motivation réelle qu'il me fallait dorénavant pour me mêler aux humains. La chasse seulement, me poussait à les rejoindre sur leurs territoires ; or ce soir, je n'avais plus faim depuis déjà quelques temps. Un soupir. Puis un murmure alors que j'étais à l'arrêt.

" Qu'est-ce qui m'a poussé à accepter pareille folie... ? "

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