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 Mauvaise rencontre à l'Hopital.

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Athéna Akuma
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MessageSujet: Mauvaise rencontre à l'Hopital.   Mar 28 Sep - 18:59

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Le soir venu, lorsque Alek se leva, Athéna dormait. Exactement dans la même position que celle qu'elle avait adopté le matin même, on pouvait tout de même noter quelques changements dûs à la surveillance interne d'Akuma : ses mains, toujours aussi longues et fines que celles d'un humain, se couvraient sur le dessus d'un léger duvet argenté, sous ses cheveux dénoués, ses oreilles humaines avait cédé la place à celles d'un loup, bien que leur présence ne se remarquait pratiquement pas. Si un observateur externe avait eut la mauvaise idée de soulevé ses paupières ou ses lèvres, il se serait apperçu de quelques changements. Du moins s'il avait eut le temps de s'en appercevoir.

Athéna dormait. Enfouie au fond d'un corps en sommeil, elle avait laissé Akuma surveiller les alentours. Ses sens avaient beau être diminués lorsque son corps dormait, il n'en restait pas moins que les information flitrantes étaient largement suffisantes pour surveiller les alentours. Aussi quand Aleksej revint dans le salon, observant la dormeuse, Akuma hésita un instant.
Bien sûr, il était hors de question de le considérer comme un danger et de lui sauter à la gorge comme elle l'aurait fait si elles avaient été dans leur appartement ou en forêt, Athéna l'aurait mentalement littéralement assassiné. Mais elle n'estimait pas non plus le fait que le russe soit réveillé comme un évènement fantastique méritant qu'elle se donne la peine de réveiller sa soeur d'âme.
D'un autre côté, elle n'avait pas assez confiance en lui pour le laisser évoluer dans les parages sans le surveiller. Ne désirant pas pour autant sortir son corps du sommeil, elle se contenta d'ouvrir une paupière, son oeil à l'iris vert flamboyant fixant le jeune homme sans ciller, observant ses mouvements sans bouger d'un pouce.

Au bout d'un moment, le jeune homme fini par se diriger vers la porte, toujours suivi par cet oeil vert forêt, parcouru de flammes plus claires qui semblaient être dûes aux rêves d'Athéna. Elle entendit la porte claquer et referma les yeux...

Dix minutes plus tard, Athéna se réveilla, et fronça les sourcils en "percevant" l'absence d'un battement régulier en plus... Alek' n'était plus là. Un peu agacée, elle plongea dans les souvenirs d'Akuma.

*- Je t'avais demandé de me réveiller quand il se lèverait! Je voulais voir les autres membres de la Coalition, moi!
- Panique pas, il est juste partit à l'hopital. Il te l'avais dit hier.
- Hopital...?
- Là où ils recousent leurs blessés. Ils ne guérissent pas aussi vite que nous je te rappelle.
- Je sais ce que c'est, merci.
- Tu parles! Tu te n'en n'est jamais approché depuis ta naissance. De toute manière, à moins de vouloir finir dans une cage d'un labo, mieux vaut les éviter.
- Tu exagères...
- A peine. En tous cas on aurait des problèmes avec les autres lycans pour avoir mis le secret en danger.*


Avec un soupir, Athéna se déplia et s'étira, faisant craquer les articulations de ses doigts avec un léger grognement. Elle observa la pièce vide et se leva en direction de la porte d'entrée, attrapant au passage deux dagues qu'elle accrocha dans son dos, sous l'épais rideau de sa chevelure détachée. C'était le moyen de dissimulation le plus pratique qu'elle connaisse : si ses cheveux blancs presque argentés ne passaient pas inaperçus, ils détournaient l'attention des gens des légers renflements trahissant la présence d'armes cachées. Habillée "classique" (soit un jean, des bottes sans talons et un t-shirt léger), elle se fondait dans la foule sans problème. En quelques minutes, elle s'était éloignée de l'appartement, suivant la trace d'Aleksej aussi facilement que s'il l'avait balisé de grosses flèches jaune fluo. Il y avait de moins en moins de monde dans les rues, mais l'hopital était dans le centre ville, et un certain nombre de flanneurs nocturnes profitaient encors de l'air frais de la nuit sous la lumière blafarde des rares lampadaires encore en marche. Dans cette ville de Vampire, Athéna les soupçonnait d'être des pro-vampires venus là pour acheter le repas du soir de leurs idoles. Mais il n'y avait pas d'immortels dans le coin. Leur odeur les aurait immédiatement trahit à son odorat. On ne plaisante pas avec la truffe d'un lycan.

*- Je te dis de les éviter alors toi tu y vas... rien à faire, tu reste désesperément humaine...
- Ca va, je veux juste entrer et en savoir un peu plus sur l'hémophilie. Je ne resterais pas longtemps.
- C'est sûr que c'est pas lui qui va te renseigner. Tu as vu sa réaction lorsqu'on a failli entendre le message du docteur? Je t'ai dis que ça ne sert à rien de rencontrer ces humains. Ils sont incapable de vaincre des immortels. Lui plus que les autres d'ailleurs. Tu as sentit? Il a saigné toute la nuit, je ne suis même pas sûre que le saignement ai cessé à présent. Qu'est ce que tu veux faire avec des faiblards pareils?!
- C'est curieux, parce que s'il est si incapable de survivre, comment explique tu qu'il ait abattu un Vampire et qu'il soit toujours en vie? Il est "dans le bain" depuis longtemps, ça se voit. Je veux savoir comment ils font, ce qu'ils sont. Comment t'en sortirais-tu si tu ne pouvais pas courir, sentir, entendre et réagir comme tu le fais?
- ...
- Tu ne t'en sortirais pas. Tu serais laminée en moins de deux semaines. Il n'a pas tes talents, mais il a quelque chose qui lui a permi de vivre. Sans compter qu'il ne paraissait pas très enthousiaste à l'idée de survivre, donc il n'a pas non plus ton instinct de survie à toute épreuve.
- Ca va, ça va, j'ai compris. J'espère juste que ça en vaudra le coup...*


Le raisonnement déterminé d'Athéna la laissait perplexe. Elle ne comprenait pas que l'on puisse s'intéresser autant à des humains. Peut être était-ce que dans son fort intérieur, Athéna voulait la certitude que les humains n'étaient pas que du bétail...

Elle entra d'un pas assuré dans la salle de réception et se dirigea vers l'accueil heureusement libre. La femme qui s'y trouvait avait l'air de s'ennuyer mortellement. Elle la regarda par dessus des lunettes énormes et grommella quelque chose qui ressemblait à "pas de visite après 21h". Athéna soupira et secoua la tête.

- Je ne viens pas rendre visite à quelqu'un, je voulais retrouver un ami. Aleksej Nikolaevič, il vient souvent ici. Je crois qu'il est venu faire un test...

La secrétaire retomba le nez sur son ordi et hocha la tête d'un air blasé. Elle paraissait le connaitre. D'un autre côté, si elle tenait toujours ce poste, ça n'était pas étonnant.

Il est dans le cabinet du Docteur Rocours. Deuxième étage. 'Faites partie de la famille?

Athéna la remercia d'un hochement de tête et se dirigea vers l'escalier sans répondre. Elle trouva sans mal le-dit cabinet (principalement à cause de la trace du jeune homme qui y menait directement) et s'adossa au mur, attendant qu'il en sorte. Son ouïe percevait sans peine les explications du docteur, souvent coupé par la voix agacé qu'elle commençait à bien connaitre. Ils parlaient de transfusions, de plaquettes (n'étant jamais allée au lycée, Athéna n'avait de la SVT que des notions rudimentaires. Sans compter que la majorité des règles ne s'appliquaient pas aux loups et aux vampires), d'hémacies etc... Mais si elle ne connaissait pas la plupart des termes biologiques, elle n'était pas débile pour autant, et elle comprit en gros le problème.
Le traitement proposé par le docteur attira son attention. Il proposait de transfuser le sang de quelqu'un d'autre, qui aurait une bonne capacité de cicatrisation. Si c'était comme ça que ça fonctionnait, il aurait pu la prévenir plus tôt...

Un sifflement la tira de ses pensées. A quelques pas d'elle, un homme grand, sec, au teint si pâle qu'il en semblait zombifié, l'observait, ses grands yeux rouges emplis de tant de haine qu'ils auraient fait vaciller n'importe quel humain. Athéna, elle, se contenta de découvrir des crocs titanesque en poussant un grondement sourd de mauvais augure. Ce même grondement qu'entendaient les hommes du passé devant des grottes sombres et menaçantes. Les hommes du présent l'entendaient aussi parfois. Juste avant de basculer dans le passé.

Mais le Vampire sembla prendre ça pour une menace, et l'instant d'après, les griffes d'Akuma jaillirent, lacèrant le visage de marbre du prédateur qui se jetait sur elle les crocs en avant. Heureusement, il n'y avait pas grand monde, et les couloirs étaient suffisemment insonorisés pour que personne ne soit blessé par incident en venant voir ce qui se passe.
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Aleksej Nikolaevič
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre à l'Hopital.   Jeu 30 Sep - 18:31

Un certain temps, le russe resta immobile, adossé au plan de travail à observer Athéna, roulée en boule sur le sofa. Elle avait rangé en partie ses affaires dans le meuble soutenant la télé, et avait laissé l'autre partie dans son sac à dos, de ce qu'il en voyait. Pourtant il ne s'attarda pas vraiment dans sa maison, le temps de finir sa pomme, de jeter les restes, et de retourner dans le hall d'entrée pour enfiler sa veste. Il récupéra ses clés et abandonna la lycane à son appartement. Aucun mot ne fut laissé : ils n'étaient pas suffisamment intimes pour ça ; pas d'invitation ne fut lancée non plus : elle était là pour la Coalition et non pas pour ses problèmes personnels. Aleksej avait remarqué que, déjà, la demoiselle n'avait pas récupéré l'argent qu'il lui avait proposé pour aller s'acheter quelque chose à manger, par conséquent, elle n'avait sûrement pas bougé de la maison. Les volets de la grande fenêtre du salon étaient clos et l'appartement demeuré endormi, tout comme ceux qui y vivaient.

La nuit commençait déjà à tomber alors que la soirée venait tout juste de débuter. L'obscurité s'emparait peu à peu de la ville et les lumières étaient déjà allumées, éclairant plus ou moins bien la chaussée et aidant finalement maigrement les personnes qui trainaient encore dans les rues. On y trouvait encore pas mal de monde, et plus on s'approchait du centre-ville, notamment les restaurants, plus les rues étaient fréquentées et les personnes nombreuses. Cependant, rien à voir avec le monde circulant dans le centre-commercial en pleine journée. Il y avait un temps pour tout, et la plupart des personnes étaient déjà rentrées chez elle, mangeant en famille ou attendant que l'autre ne rentre de son travail. D'autres, attendaient que la nuit n'étende son voile sur la ville pour sortir dans l'obscurité, guettant une proie éventuelle et peut-être que d'autres encore, tels qu'Athéna, guettaient un peu tout le monde.

Pourtant les observations diverses faites par Aleksej prirent rapidement fin. Son programme était simple, et il était le suivant : se rendre à l'hôpital, faire le point avec le docteur puis se dépêcher de retourner à son appartement pour y retrouver Athéna. Prendre d'éventuelles recommandations par sms auprès de ses supérieurs et partir en chasse, comme tous les soirs. Pourtant rien n'allait se passer comme il l'avait prévu. Il n'aurait pas le temps de rentrer chez lui pour se changer et se préparer à la chasse, cette dernière viendrait à lui, pour une fois... Pour le moment cependant, il n'était guère enthousiaste en apercevant déjà ce bâtiment blanc cassé, prenant des allures fantomatiques en pleine nuit. Quelques lumières demeuraient dans certaines chambres de la haute bâtisse, mais les proches environs étaient plutôt calmes. Pas de voitures circulant dans le secteur, pas non plus de personnes, ou simplement de passage... Il n'y avait bien que lui pour se rendre en de tels endroits par nécessité... Ou plutôt parce qu'il y était convié.

La femme à l'accueil le connaissait et il en était de même pour lui. Elle avait l'air d'être un peu brute aux premiers abords. Un air sévère, peu agréable et pourtant, lorsqu'on la connaissait un peu, c'était une femme agréable et attachante. Elle prenait soin d'Aleksej, comme les autres, parce qu'il était poli, bien élevé, mignon ou autres choses encore. Tant de caractéristiques qui ne lui faisaient finalement aucun effet, il se contentait de les remercier pour ce qu'elles faisaient pour lui, il se contentait de sourire. Les infirmiers, eux, s'occupaient plutôt des interventions extérieurs alors le russe avait un peu moins l'occasion de les croiser... Cela dit, il n'y avait pas un seul membre du personnel hospitalier qui ne l'avait pas croisé au moins une fois. La femme de l'accueil lui lança les paroles habituelles, elle l'arrêta quelques minutes afin de prendre des nouvelles de sa santé, de ce qu'il faisait, et puis, bien évidemment, elle lui précisa que le docteur l'attendait, dans le même bureau, toujours au même étage. Là aussi, c'était habituel et le jeune homme connaissait sans doute ce lieu aussi bien que son petit appartement : pourtant l'échelle n'était pas la même.

Par automatisme, Aleksej rejoignit la cage d'escaliers et entama une montée lente, pleine d'une démotivation qu'il connaissait systématiquement, dès lors qu'il entrait en ces locaux. Non sans mal, il atteignit enfin le second étage et atterrit dans un couloir familier. C'est à ce niveau que tous les docteurs se trouvaient, dans cette partie précisément où les rendez-vous ou visites étaient prévus. Des bancs étaient disposés de part et d'autre du couloir dans le but d'accueillir les clients en attendant que le rendez-vous précédent ne se libère. Pourtant Aleksej n'en avait jamais fait l'usage, il passait toujours à des heures où il n'y avait personne, il passait toujours à des heures où l'attente était nulle. Le docteur avait laissé la porte de son bureau ouverte en l'attendant, et comme pour le reste, le russe frappa distraitement avant de fermer la porte derrière lui. S'en suivit un protocole qui ne manqua pas, cette fois encore : le docteur accueillit le jeune homme avec un large sourire avant de lui serrer la main, puis il l'invita à s'assoir.

Le bureau était toujours disposé de la même façon : enseveli sous bon nombre de feuilles vierges ou tachées d'une écriture rapide et illisible ; un ordinateur dans le coin gauche et face à tout ceci, deux sièges de cuir pour les clients. Le docteur avait un fauteuil sur roulette d'une couleur crème, et derrière lui : une grande baie vitrée donnant une vue sublime sur la ville. A la droite des clients se trouvaient une grande bibliothèque, aussi haute et large que la paroi, et diverses plantes vertes étaient dispersées dans la pièce. Bien évidemment, le dialogue commença doucement et la voix d'Aleksej demeura relativement calme. On lui posa les mêmes questions qu'à l'accueil, et puis fatalement, la maladie revint sur le tapis : il était là pour ça, d'un autre côté. Cela dit, cela faisait déjà un petit moment que le docteur connaissait Aleksej, il savait qu'il était plutôt impulsif lorsque la maladie était abordée... Le fait d'envelopper à ce point les choses n'arrangea en rien la discussion, cependant. Comme il l'avait fait auparavant, le docteur proposa toute sorte de traitements au jeune russe, ce dernier avait beau rester calme, intérieurement, il bouillonnait. Alors à intervalles presque réguliers, le médecin était coupé.

- [...] C'est pourquoi j'envisage de nouvelles transfusions sanguines dans le but d'améliorer vos capacités de c...
- C'est ce que je subis déjà depuis mon enfance, docteur.
- Je ne cherche qu'à vous aider, Aleksej ! Laissez-moi donc conti...
- Et moi je suis las et fatigué. A quoi bon vouloir m'aider ?
- C'est mon métier que de soigner mes patients.
- Alors ne perdez pas votre temps avec un cas désespéré.
- Aucun cas n'est désespéré à mes yeux, Aleksej... Vous méritez de vivre, comme les autres.
- Je n'y ai plus goût, il est donc inutile de vous attarder un peu plus encore sur mon cas.

Le docteur voulut rétorquer mais le russe se leva soudainement à l'écoute d'un grondement sourd, puis d'un bruit sec. Qu'importe de toute façon, le docteur aurait pu continuer, Aleksej aurait fait en sorte de le couper et d'argumenter à nouveau. Sa main droite se porta machinalement à son dos, se saisissant de l'arme à feu calée dans sa ceinture alors qu'il se dirigeait vers la porte. Un bref coup d'œil fut lancé au docteur - habitué depuis longtemps, à la fonction du russe au sein de la Coalition -, alors qu'il sortit brutalement de la pièce, pointant son arme de part et d'autre du couloir. Un instant, le jeune homme fut déstabilise par ce qu'il vit. Ce n'est pas la vue d'un vampire en ces lieux qui l'étonna le plus, mais bel et bien la présence d'Athéna. Que faisait-elle ici, et pourquoi ? L'homme contre qui elle se battait était vampire à n'en pas douter, il semblait avoir été blessé par la lycane et le russe était déjà en mesure de voir les longues griffes de la louve. Un semblant de nervosité s'éveilla alors en lui : Athéna pouvait lacérer le vampire suffisamment pour que ce dernier ne soit pas en mesure de guérir avant le lever du jour... Toutefois, pour cela, elle devait sans doute se transformer, or elle ne pouvait pas le faire en ces locaux. Le visage fermé comme toujours, Aleksej pointa son arme sur le vampire avant de tirer à deux reprises : deux balles qui allèrent se loger dans le crâne du buveur de sang qui s'écroula au sol sous le coup. Il n'était pas mort, c'eut été trop simple dans ce cas. Le russe contourna le corps du buveur de sang et s'approcha d'Athéna, se penchant un peu sur elle.

- S'il reste dans l'hôpital, il va y avoir des dégâts... Il faut l'attirer dehors.

Lui demander si elle allait bien, ou encore ce qu'elle faisait là n'était pas une priorité pour lui. Le docteur quant à lui, paniqué en écoutant le coup de feu, était sorti de la pièce alors que le russe lui lançait un regard froid, comme toujours. Cela dit, l'homme d'une quarantaine d'années avait appris à connaître Aleksej, si bien qu'il adressa à son tour un bref regard au vampire au sol, déjà en train de se régénérer, avant de retourner à son bureau, se terrant dans le silence et appelant, peut-être, un peu de renfort. Le russe quant à lui, ne trouva rien de mieux à faire que de pointer encore son arme sur le buveur de sang. Tirer à nouveau puis fuir ? Ou économiser une balle mais fuir tout de même ? Le jeune homme tourna un peu la tête en direction d'Athéna et quelques faibles paroles réussirent à lui parvenir.

- Si vous comptez vous transformer, il faut vraiment partir d'ici.

Déjà, le vampire semblait se redresser non sans pousser quelques râles. Un soupir échappa au russe et il se résigna à rebrousser chemin, priant presque pour que la lycane fasse comme lui... Et puis, afin d'être sûr d'attirer le vampire à sa suite, le jeune garçon releva sa manche de veste et de tee-shirt : laissant apparaître la blessure qu'il avait subi le matin même. Certes, celle-ci était recouverte de fins bandages, mais ce n'était toutefois pas suffisant pour tromper l'odorat d'un vampire. Il l'espérait.
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Athéna Akuma
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre à l'Hopital.   Sam 2 Oct - 14:25

Athéna était adossée au murs, près des bancs du couloir. Elle aurait bien sûr pu s'asseoir mais son organisme suportait sans peine la position verticale, et elle ne ressentait pas la moindre fatigue. Ele aurait pu rester ainsi des heures durant, sans même changer de point d'appuis.
Vaguement distraite, fixant le plafond blanchâtre illuminé par la lumière blafarde des néons, elle observait les lentes circonvolutions des grains de poussière dans l'atmosphère. Dans son dos, légèrement étouffé par la cloison théoriquement insonorisé (secret médical), la conversation se poursuivait. Malgré les tentatives du Docteur pour proposer de nouveaux traitements, Aleksej le coupait toujours de la même manière intraitable. Pour un peu, on aurait dit qu'il n'attendait que le renoncement du médecin. Cette attitude la surpris quelque peu.

- [...] C'est pourquoi j'envisage de nouvelles transfusions sanguines dans le but d'améliorer vos capacités de c...
- C'est ce que je subis déjà depuis mon enfance, docteur.
- Je ne cherche qu'à vous aider, Aleksej ! Laissez-moi donc conti...
- Et moi je suis las et fatigué. A quoi bon vouloir m'aider ?
- C'est mon métier que de soigner mes patients.
- Alors ne perdez pas votre temps avec un cas désespéré.
- Aucun cas n'est désespéré à mes yeux, Aleksej... Vous méritez de vivre, comme les autres.
- Je n'y ai plus goût, il est donc inutile de vous attarder un peu plus encore sur mon cas.


Elle ne comprenait pas cette manière de voir. Etant obligée de partager son corps avec Akuma, elle avait fini par détacher la notion de "vie" de celle de "corps vivant", ne considérant ce dernier que comme une arme de plus. D'une certaine manière, elle était morte chaque nuit, coupée de son corps par l'écran sauvage que représentait l'âme d'Akuma... Cette vision des choses lui avait permi de se montrer moins touchée que la louve par la mort physique de Toboe. Akuma, elle, ne croyait pas à la liberté de l'âme par rapport au corps. Pragmatique, elle estimait qu'une vie était dépendante d'un corps, et qu'elle cessait purement et simplement à la mort de celui ci.

Le sifflement haineux la tira de ses pensées. Lorsque le Vampire bondit en réction à sa mise en garde, elle était prête. Sa main jaillit brutalement. A mis parcours, elle se retourna à moitié, recourbant les doigts, pour mettre les griffes en jeux...
Le Vampire fut repoussé. Les longues griffes soigneusement aiguisées de la louve avaient percé sa joue jusqu'à l'intérieur de la bouche, laissant trois lambeaux qui rattachaient à peine la machoire aux lèvres. Titubant, il recula, la main plaquée sur sa joue où l'écarlate d'un sang souillé tâchait l'ivoire délicat de la peau, et se remit à siffler dans sa direction. Si l'attaque et les gestes paisibles d'Athéna l'avaient perturbés, ils ne l'empêcheraient pas de recommencer. La haine se lisait dans ses yeux, mortelle, venimeuse. Si un regard avait pu tuer, Athéna serait déjà étendue raide au sol.

Le claquement brutal de la porte ne la fit pas se retourner. Elle percevait dans l'air la présence du russe et du médecin et n'avait pas besoin de ses yeux pour le confirmer. Fixant son adversaire avec détermination, elle avait laissé ses longues griffes de louve remplacer ses ongles, et des crocs parfaitement lupins orner son sourire mauvais, mais elle refusait de se transformer de manière plus prononcée. Akuma était pour une fois entièrement d'accord : si passer pour un Vampire ne la gênait pas, elle frémissait à l'idée que des "innocents" découvrent sa véritable nature.
Deux balles jaillirent de l'arme du jeune homme, sans que le cliquetit caractéristique d'un cran de sureté ôté ne la fasse se retourner. Elle ne bougea pas d'un poil lorsque le Vampire s'effondra, se contentant de porter une main aux dagues dissimulées sous son épaisse chevelure. Elle ne commettais plus depuis longtemps l'erreur de quitter sa proie des yeux, et lorsqu'Aleksej se pencha vers elle pour lui donner un conseil aussi sûr qu'inutile, elle ne détourna pas le regard, se contentant d'un hochement de tête en réponse.

- S'il reste dans l'hôpital, il va y avoir des dégâts... Il faut l'attirer dehors.

Le Docteur pointa la tête dans l'encadrure de la porte, observant tour à tour le Vampire, puis le chasseur de la Coalition. Il devait sans doute avoir l'habitude de ce genre de situation car il agit exactement comme il était prudent de faire : il retourna dans le bureau sans poser la moindre question ni pousser de hurlement. Athéna fut presque surprise en découvrant que, dans son silence effrayé, il n'appelait pas de renforts. Sans doute avait-il assez de jugeote pour deviner que les armes humaines ne pouvaient rien contre l'immortel...

Le chasseur semblait hésiter, l'arme à feu toujours dirigée vers le Vampire. Athéna elle même ne savait quoi faire. Bondir sur le Vampire en profitant de son étourdissement pour lui trancher le coeur en deux avec sa dague? Il était déjà assez régénéré pour l'envoyer valser contre le mur si elle tentait une approche aussi peu subtile. Bien sûr, un impact avec un mur n'était pas franchement dangereux (du moins pas pour elle, le mur en revanche...) mais dans un espace aussi restreint, elle ne pourrait pas utiliser cette souplesse féline et cette rapidité qui lui assuraient généralement la victoire. Où courir dans un endroit aussi petit?!

- Si vous comptez vous transformer, il faut vraiment partir d'ici.

Il tourna les talons se dirigeant vers la sortie en courant. Elle même recula plus lentement, tenant à distance le Vampire de son regard gris devenu plus dur encore que l'acier de ses lames dont ils semblaient avoir empreinté la couleur. Se redressant dans un concert de grodements inaudibles et de craquements sinistres, le Vampire ressemblait à un pantin désarticulé. Ce qui ne l'empêcha pas de foncer avec un hurlement furieux alors qu'Athéna tournait à croisement. Tous les sens en alerte, elle cherchait la présence des hommes encore dans le bâtiment. Ils étaient rares, la soirée était assez calme, et elle ne sentait aucune présence dans la salle d'accueil des urgences, mis à part un secrétaire - masculin d'après l'odeur abominable d'une eau de cologne pour homme de trop bon marché - et une infirmière qui discutaient. Elle avait l'impression de pouvoir distinguer la moindre vie à des dizaines de mètres de distance, les sens de la louve, cette fusion quasi-totale l'entrainait dans un monde qu'elle n'effleurait que rarement. Elle avait l'impression que le monde entier lui était visible, dans le moindre détail...
L'odeur de sang, toute proche, s'était renforcée. Elle la connaissait, mais cela n'empêcha pas Akuma de s'agiter. La louve était un prédateur, et l'odeur de sang frais réveillait tout ses instincts les plus naturels. Elle voulait bondir, elle voulait mordre à pleins crocs dans cette chair délicate, plonger ses griffes dans le ventre de sa proie...
Athéna la repoussa violement au plus profond de son être, perdant du même geste une part de ses sens surdéveloppés. La sauvagerie et les instincts animaux d'Akuma les avaient souvent sauvés, certes, mais à l'instant précis, ils l'horrifiaient. Elle avait presque honte de s'être laissé entrainé.

D'un bond, elle rejoignit Aleksej, les poings si serrés que ses griffes avaient entamé la peau. Prenant conscience de ce fait, elle plaqua sa paume sur la pansement du russe, tâchant de carmin les bandages immaculés. Avec un regard d'avertissement, elle recula.

- Rabaisse ta manche s'il te plait, réclama-t-elle d'un ton calme parfaitement inapproprié à la situation. Seuls ses yeux parcourus d'éclairs émeraudes trahissaient la difficulté qu'elle éprouvait à réprimer les pulsions chasseresses d'Akuma. Le Vampire n'est pas le seul à être sensible aux odeurs de sang. Suis moi.

D'un bond, elle s'approcha d'une porte de chambre, dont elle brisa sans peine la serrure. S'engouffrant dans la chambre heureusement vide, elle ouvrit la fenêtre et se laissa tomber dans le petit jardin de l'hopital. L'étendue déserte était paisible, pas un être humain aux environs. Ils n'étaient qu'au premier étage, et la chute n'était pas risquée. Elle se dégagea du buisson dans lequelle elle avait atterrit et observa la fenêtre.
Lorsque le Vampire apparu, elle était prête, et sa première dague fendit l'air avec une telle vivacité que même l'immortel ne put l'éviter. Battant un instant des bras pour retrouver l'équilibre, il chuta à son tour dans le buisson, la dague enfoncée jusqu'au-delà de la garde dans le thorax. Athéna sortit sa dernière arme et observa l'arbuste qui bougeait à peine, s'adressant d'une voix toujours aussi paisible à Aleksej.

Tu sais comment sortir d'ici? Il va me falloir un endroit un peu plus désert pour me transformer. Je ne tiens pas à ce que des humains apprennent l'existence des lycans.
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Aleksej Nikolaevič
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre à l'Hopital.   Ven 15 Oct - 12:13

En un bond déjà, elle se retrouvait devant lui, lui qui était parti avant elle, lui qui avait couru aussi vite qui lui était donné de le faire. Elle se tenait désormais devant lui et ne mit pas de temps à plaquer sa main contre le pansement du russe, attirant de ce fait son regard sur ce détail. Le frêle passage de sa main sur le tissus avait laissé une tâche rougeâtre qu'il savait depuis longtemps dissocier d'un quelconque autre phénomène chimique. Était-elle blessée ? Assurément, mais alors comment avait-elle fait cela ? Le regard de la lycane avait changé, il était devenu plus brutal, plus dur. Un manque d'expression cruel mais qui était-il pour juger de ce dernier point ? Une injonction de rabaisser sa manche lui fut adressée, pourtant sa voix demeurait calme alors, pourquoi ? Pourquoi ? Parce que le regard de la jeune femme lui sommait de le faire dans les prochaines secondes aux risques de ne plus pouvoir résister à cette trop forte odeur de sang. Si le visage d'Athéna semblait être serein, les yeux d'Akuma le surveillaient attentivement. Déjà, il commençait à faire certaine distinction entre la partie humaine et la partie lycane de la jeune femme face à lui. Une brève explication s'en suivit : puisqu'elle était, comme les vampires, une créature supérieure à la race humaine et bien plus développée, le sang ne la laissait pas non plus indifférente. La seconde qui suivait, la manche du russe était à nouveau rabaissée et il entreprenait de suivre une fois encore la lycane.

Un autre bond et la voilà qui s'approchait d'une porte de chambre. Aleksej n'eut pas même le temps de lui dire quoique ce soit, il ne put l'empêcher de briser la porte d'un coup violent, il n'eut pas non plus le temps de soupirer alors qu'elle s'engouffrait à vive allure dans la pièce. Elle n'avait pas fondamentalement tort car s'il y avait prêté attention, le russe aurait entendu les pas lourds et précipités qui naissaient déjà à l'étage supérieur, tentant de rejoindre en hâte la cage d'escalier dans le but de régler son compte à un vieil ennemi naturel. Le jeune homme dégringola en vitesse les quelques marches qui lui restaient avant de rejoindre la pièce et à son tour, il y entra. Déjà, Athéna se trouvait devant la fenêtre, les deux pieds posés sur le rebord. Aucun commentaire ne lui fut adressé : il n'en eut pas le temps car déjà, la silhouette de la demoiselle avait disparu de l'autre côté de la paroi. Par pur réflexe, Aleksej se précipita à la fenêtre pour observer l'état d'Athéna. Il n'avait pas pensé qu'ils n'étaient qu'au premier étage, que, par ailleurs, elle n'était pas aussi fragile qu'un humain. Quand bien même elle serait humaine, d'ailleurs, il fallait mettre de la bonne volonté pour se faire mal à une hauteur si négligée. De la volonté, et peut-être autre chose également.

S'il mit du temps à se souvenir de la nature véritable de la lycane qui lui tenait compagnie depuis un moment, il n'oublia pas pour autant la maladie qui le suivait depuis longtemps déjà. Même un simple humain pourrait sauter de cette fenêtre sans se faire la moindre égratignure. Oui mais il n'était pas un simple humain, il n'avait jamais été ainsi et ce n'est pas maintenant que la chose allait commencer. L'inconscience ou peut-être les râles raisonnant dans la cage d'escalier, à moins qu'il ne s'agisse des deux, l'incitèrent à suivre le mouvement de la jeune femme sans réfléchir davantage : il avait, après tout, perdu bien assez de temps. Sauter de cette fenêtre permettait d'atteindre une sorte de petit jardin intérieur agréable aux personnes de l'hôpital, que ce soit les malades ou le personnel. C'était un lieu convivial, et il était même recommandé d'y venir un peu en pleine journée. Une sorte de pause pour tout le monde et l'occasion d'oublier. Oui mais en pleine nuit et plus particulièrement, lors de cette nuit là, Aleksej avait un peu plus de mal à ne pas voir ses problèmes le submerger. D'une part le vampire non loin, d'autre part la volonté d'Athéna de réduire en poussière ledit vampire précédemment nommé. Ceci, sans prendre en compte le choc de l'atterrissage.

L'hémophilie a plusieurs degré de gravité, bien évidemment, Aleksej possède le plus lourd. Si la maladie consistait en des saignements longs mais pas particulièrement plus abondants que d'autres, ce n'était pas là son seul inconvénient. Depuis son plus jeune âge, et il y était habitué : un choc relativement brutal pouvait déclencher des hémorragies internes dans son corps. Ces mêmes hémorragies entrainaient de violents maux de tête ainsi qu'une douleur insupportable lui extorquant quelques hurlements significatifs. Là, il faut avouer qu'il l'avait cherché, mais avait-il vraiment le choix ? Retomber sur ses pieds n'avait pas été la chose la plus compliquée, ce qui s'était avéré plus complexe était de se mouvoir après ça. De lourdes vibrations s'étaient emparées des jambes d'Aleksej et il dut multiplier les efforts pour pouvoir se dégager du petit buisson qui avait amorti bien trop faiblement sa chute délibérée. A peine fut-il en place, c'est-à-dire : éloigné de la façade et face à la fenêtre d'où l'un et l'autre venaient de sauter, que le vampire surgissait. Lui-même n'eut pas le temps de réagir : Athéna étant plus vive et mieux préparée que lui.

Le russe avait peut-être nombre d'inconvénients mais il bénéficiait au moins d'une excellente vue ; cependant, il ne fut pas en mesure de voir l'arme se détacher du dos d'Athéna pour être lancée sur le Vampire. Il entendit un simple sifflement fendre l'air, puis il vit la dague à destination : enfoncée dans le thorax du buveur de sang qui chuta alors à son tour, bien moins élégamment que ce qu'avait pu faire Athéna peu avant. Rapidement, la lycane s'empara de sa seconde arme tout en fixant l'arbuste qui remuait déjà faiblement. Si le vampire n'était pas encore mort, il était certain qu'il était bien en colère... Et déjà, Aleksej voyait ses pensées troublées : sa vision commençait à s'obscurcir un peu, les sons venaient à être déformés et sa tête était soudainement bien lourde sur ses épaules. Instinctivement, le russe fronça les sourcils tout en plissant les yeux dans le but d'y voir un peu plus clair. Cette mimique fut inefficace et quand bien même il avait du mal à se reconnecter convenablement à la réalité, il fut en mesure de comprendre ce qu'Athéna lui demandait. Comprendre était déjà une bonne chose et il avait réalisé là la moitié du travail. Première moitié qui, finalement, était la plus simple des deux car elle ne demandait pas vraiment de réflexion. Pour la seconde partie c'était autre chose : Aleksej devait répondre et, qui plus y est, y mettre les formes habituelles.

Les bruissements naissant de l'arbuste se turent alors un peu, faisant oublier la présence d'un dangereux buveur de sang dans les parages alors qu'Aleksej levait le nez sur le bâtiment. Les fenêtres donnant sur ce petit jardin étaient assez spéciales et plus ou moins réservées. Elles étaient destinées aux grands malades incapables de bouger de leur lit sans une aide quelconque ; à ceux qui étaient plongés dans des comas ou encore, à des réserves d'équipements ou de matériels. Ce jardin, quand bien même il risquait de souffrir un peu d'un combat virulent entre deux êtres extraordinaires, était décemment le lieu le plus approprié au combat qui se préparait. Et puis ils ne pouvaient pas courir indéfiniment : Aleksej, à l'heure actuelle, ne pouvait pas même bouger d'ailleurs puisque ses jambes refusaient à nouveau de se mouvoir, raides. Ils auraient pu se réfugier dans les garages où les diverses ambulances étaient entreposées ; cela dit, une urgence pouvait survenir à tout moment et des infirmiers étaient alors susceptibles d'arriver. De même, si les voitures étaient sauvagement abimées, le jeune homme, aussi apprécié soit-il, ne serait pas en mesure de justifier de telles aberrances. Les yeux du russe se reposèrent sur le buisson face à lui et il eut comme un doute, une sorte de mauvais pressentiment soudain : le vampire était-il seulement encore face à eux ? La mâchoire du russe se serra alors qu'une sorte de toussotement lui échappa.

- Il va falloir vous en contenter, je ne pense pas qu'il nous laisse repartir maintenant. Les fenêtres qui donnent sur ce jardin ne peuvent pas abriter de regards curieux... Quant aux services encore en activité dans l'hôpital, ils se trouvent à l'opposé, alors... C'est bel et bien ici, l'endroit le plus sûr pour vous transformer.

Le bras du jeune homme s'arma à nouveau, tenant fermement l'arme à feu à son extrémité. Il avait pris soin d'omettre son état actuel, qui était encore loin d'être alarmant. A quoi bon, de toute façon ? Qu'il lui dise ou non, elle n'avait pas le temps de se préoccuper de son état de santé puisqu'elle avait un vampire à combattre. C'était mieux ainsi. Supposons qu'elle se soit inquiétée pour lui, sans nul doute, le buveur de sang se serait saisi de l'occasion pour l'attaquer par derrière. Aleksej n'aurait alors, sûrement, pas été en mesure d'intervenir. D'ailleurs il s'accordait à dire que dans la situation actuelle des choses, il ne servait strictement à rien. Il avait perdu la trace de l'ennemi, il n'était pas capable de le sentir ni même de le voir. A ses côtés, il avait un puissant allié mais ce même allié se voyait retardé par sa lenteur humaine. Le russe était prêt à tirer même si son champ de vision n'était pas à son optimum. Il était près à vider son chargeur entier dans le crâne du monstre sanguinaire si l'occasion s'en présentait... Encore fallait-il qu'elle se présente. Comble du comble : en plus d'être incapable de percevoir l'adversaire, il n'était actuellement plus capable de bouger d'un millimètre. La seule gestuelle qu'il pouvait se permettre était de se laisser tomber pour ramper à la simple force de ses bras. Autant dire qu'il s'agissait là d'une des options les plus pitoyables qui lui aient été données d'avoir. Malgré tout ceci il s'obstinait. Il voulait combattre mais en était incapable, et ce dernier point ne l'arrêtait jamais au grand dam de certains. A quoi bon ? Déjà, une forte migraine le malmenait, troublant le peu de sens qu'il avait. Un nouveau craquement lui fit cependant l'effet d'un électrochoc. Un craquement provenant de son dos, qui l'incita à pivoter partiellement le haut de son corps pour ne pas être entièrement pris au dépourvu. Là encore, qu'espérait-il ?
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Athéna Akuma
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre à l'Hopital.   Ven 15 Oct - 20:09

Lorsqu'elle avait vu la fenêtre et sauté, elle avait estimé la hauteur autant pour elle que pour son allié, mais dans sa connaissance presque nulle de l'hémophilie, elle s'était contentée de le considérer comme un humain normal, voire plus habile encore : elle avait déjà put noter ses réflexes aiguisés et son habitude des combats.
Mais rien ne l'avait amené à prendre Aleksej pour quelqu'un de faible. Si elle avait su les conséquences de la chute dans son organisme, elle aurait sans doute été horrifiée et particulièrement en colère contre elle même, mais elle ignorait l'état du jeune homme qui avait pris soin de lui cacher ses blessures internes. Lorsqu'elle le vit sortir du buisson, son attention concentrée sur les bruits annonçant l'arrivée du Vampire ne parvint pas à déceler les marques du mal qui commençait à se répandre en lui.

Lorsque sa dague fendit l'air et abattit le Vampire, elle ne quitta pas le buisson des yeux. Le souffle régulier de l'hémophile était la seule chose sur laquelle elle se concentrait, mais pour une fois, ses oreilles ne pouvaient lui offrir toute la mesure de la situation. Ce ne fut que lorsqu'il répondit à sa question dans une sorte toussotement rauque qu'elle se retourna, l'étudiant du regard.

- Il va falloir vous en contenter, je ne pense pas qu'il nous laisse repartir maintenant. Les fenêtres qui donnent sur ce jardin ne peuvent pas abriter de regards curieux... Quant aux services encore en activité dans l'hôpital, ils se trouvent à l'opposé, alors... C'est bel et bien ici, l'endroit le plus sûr pour vous transformer.

Sa voix était inquiétante, mais plus que le simple timbre de ses mots, c'était l'odeur qu'elle venait de percevoir qui l'avait figé. L'odeur du sang frais qui suintait doucement...
Pas une blessure externe, l'odeur aurait été violente. Pas non plus sa blessure d'hier, trop couverte et désinfectée pour que le sang ai une telle odeur.
Elle ne réalisa pas tout de suite d'où venait la blessure, les blessures. Les mots d'Aleksej la frappèrent soudain, chassant la préoccupation d'une blessure pour glisser celle d'une mort proche.
Elle tourna brusquement la tête vers le buisson mais la minute de déconcentration avait suffi au Vampire pour s'en échapper. Elle ne sentait plus ni son odeur, et pas un bruit ne troublait la nuit pourtant agitée.

Un feulement sourd s'échappa de ses lèvres entrouvertes alors qu'elle s'approcha à pas de loup du buisson immobile. Elle écarta les branchages d'un geste vif, bien qu'elle sache parfaitement que rien ne s'y trouvait. La terre nue, jonchée de feuilles mortes et de branchages brisés, lui rendit son regard.

Un craquement retentit dans son dos, suivit d'une détonation et d'un grondement rageur. Le temps qu'elle se retourne, persuadée de voir le Vampire tenu en respect au bout du pistolet, il était un peu tard.
Pourtant sa réaction ne se fit pas attendre : avant même que la situation redevienne claire, elle avait bondit, et ses mains - ou plutôt ses pattes - se fichèrent profondément dans les épaules du Vampire. L'élan qu'avait pris la louve projeta l'immortel à plusieurs mètres de distance. Décrochée par le choc, Akuma retomba sur ses pattes et fixa d'un regard haineux le Vampire qui la toisait. A quatre pattes, elle avait encore sa forme humaine, si handicapante. Pourquoi Athéna était-elle toujours aussi prudente!?

A l'instant même où la question se posait à son esprit, elle se rendit compte que l'emprise que l'humaine maintenait sur elle avait disparu. Complètement.

Incrédule, elle poussa la transformation, guettant l'instant où Athéna lui volerait les commandes, reprenant le contrôle. Il ne se passa rien, tout juste entrevit-elle l'esprit d'Athéna, si furieux que la force de l'humaine, dérisoire par rapport à ses propres capacités, l'envahit. Elle sentait la colère de sa sœur d'âme, et pour une fois l'envie de mort qui la prenait était parfaitement en osmose avec celle de la louve.
Ses lèvres s'étirèrent, encore et encore alors que son visage mutait. Des crocs aiguisés prirent la place de ses dents qui n'avaient plus rien d'humain. Son corps maigre, musclé à la manière d'un grand chat sauvage, se modifia. Son ossature perdit le peu d'humanité qui lui restait alors que la louve prenait entièrement possession du corps.

En une fraction de seconde, l'humaine était devenue louve. Une créature étrangement hybride, à la fourrure d'une blancheur de neige se tenait à sa place...
Et son regard n'avait plus rien en commun avec l'innocence joyeuse qui caractérisait ceux d'Athéna. C'était un mélange de sauvagerie animale et de fureur lupine. Akuma n'oubliait pas. Jamais. Sa haine envers les Vampires restait telle qu'à son premier jour.

Lorsque, d'un bond surpuissant elle atteint le Vampire, celui ci ne put résister. Pris dans le maelström de couleurs sombre qui agitaient les prunelles émeraudes de la louve, il ne réagit pas lorsque les crocs de celle ci se refermèrent avec force sur son épaule qui lâcha un craquement sinistre. Pétrifié, il ne réagit pas lorsque ses griffes plantées dans son ventre ouvrirent des blessures irréparables, ne bougea pas plus alors que la rage étouffante de la louve se déchainait.
Ce ne fut que lorsqu'elle plongea vers sa nuque qu'il hurla. De douleur, de rage..
D'agonie.

...

Lorsqu'Akuma se releva, sous sa forme humaine, elle observa la corps en lambeaux du Vampire. Dans ses yeux luisait une lueur de satisfaction, mais elle laissa sans rechigner la place à Athéna lorsque celle ci vint enfin caresser son âme.

Merci...

Akuma ne répondit pas. Elle avait compris qu'Athéna, habitée par cette fureur froide qui la prenait parfois, avait laissé libre cours à sa rage simplement parce que la sienne ne pouvait pas causer plus de douleur. Docile, elle regagna son antre au plus profond de leur âme et s'endormit. Pour une fois depuis longtemps, elle était calme.

Quand Akuma lui eut remis le contrôle, Athéna se dirigea vers Aleksej qui gisait quelques pas plus loin. Elle s'agenouilla près de lui et se pencha sur son visage avant de pousser un soupir soulagé. Il respirait.
Songeuse, elle repoussa une mèche maculée de sang qui barrait son visage et l'observa. Son instinct lui poussait de l'emmener dans les forêts avoisinantes pour le confier aux Originels mais elle se souvenait trop bien de sa propre transformation. Elle ne voulait pas que ça devienne un moyen d'extrême danger.
Les hôpitaux humains avaient l'habitude de ce genre de maladie après tout...
Avec un soupir, elle cala sa tête contre son épaule et glissa les bras sous son corps inconscient. Par chance, Akuma n'était pas encore complètement endormie et lui prêtait sans rechigner la force de son corps de loup.

Elle entra discrètement dans l'hôpital, se glissant sans bruit jusqu'au bureau du Docteur qui semblait s'occuper de la maladie du jeune homme sans se faire repérer. En la voyant surgir, ses vêtements partiellement déchiquetés par la transformation et portant un homme plus grand qu'elle, le médecin ne put s'empêcher de sursauter, nerveux. Puis son regard tomba sur Aleksej, inconscient, et son professionnalisme reprit le contrôle. Il indiqua une table d'examen sur lequel elle déposa avec le plus de douceur possible, sans s'occuper du mouvement de recul de l'humain à son approche. Silencieusement, elle recula dans un coin de la pièce et fixa du regard le médecin qui semblait essayer d'établir un diagnostic.
Sans se tourner vers elle, l'homme lui adressa la parole d'un ton un peu sec qui ne l'étonna pas.

- On dirais plusieurs hémorragies internes... A-t-il été frappé violemment ou est-il tombé de haut?

Athéna hésita un instant, repassant le combat dans son esprit. A aucun moment il n'avait vraiment été blessé... Le Vampire l'avait seulement... Assommé? Elle n'avait pas fait attention sur le coup, mais la raideur de son pas après son saut lui revint, insistante.

- Le Vampire nous a suivi... il a sauté de la fenêtre, au premier...

Pour un loup, c'était un jeu d'enfant, pour un humain normal, c'était une culbute désagréable mais faisable...
Elle ne s'était pas demandé si l'hémophilie causait d'autres dommages que de simples saignements prolongés.
A voir la grimace du médecin, c'était pourtant le cas et elle se rencogna dans un coin d'ombre, en colère contre elle même. L'homme ne se retourna même pas mais se décala légèrement.

Il restera dans le coma quelques jours mais son état n'est pas mortel. Il s'en tirera.

Il s'attendait sans doute à ce qu'elle fasse une remarque ou un remerciement mais elle n'eut pas le moindre mot. Bien que le docteur l'ignore, même à l'article de la mort, Aleksej ne risquait pas de mourir. Elle ne l'aurait pas permis et surtout pas par sa faute.
Avec un regard suspicieux, il se retourna vers elle, notant du regard les zébrures maculées de sang qui déchiraient ses vêtements. Puis sont regard détailla la peau trop pâle de ses bras croisés, observant l'absence de blessure là où les griffes du Vampire avaient déchiqueté le tissu de son t-shirt, remonta sur son visage qui n'avait rien à envier à celui d'un Vampire, se fit inquiet alors que le souvenir des crocs qui avait lui sous ses lèvres lui revenait.
Elle sentait dans ces yeux inquiets un soupçon bienvenu.

- Vous n'êtes pas blessée je suppose... Mais il va falloir m'expliquer pourquoi un Vampire accompagne un membre de la Coalition.
- Je n'ai rien à expliquer. Contentez vous de savoir que je faisais partie de la Coalition avant, et que cela ne me gênera pas pour continuer mon devoir.


Le médecin n'était pas suicidaire et il comprit vite où se trouvait son intérêt. Se retournant, il composa un numéro sur son téléphone et appela le service d'urgence. A peine le nom d'Aleksej était-il prononcée que le grésillement désagréable de la voix de son interlocuteur le fit taire d'un accord immédiat. Sans doute avaient-ils déjà connu ce genre de situation...
Athéna quitta le coin d'ombre où elle s'était réfugiée et observa Aleksej, inanimé, avant de soupirer et de se diriger vers la porte. Elle n'admettait pas son erreur, elle voulait être au calme, loin de ces humains suspicieux. Elle avait besoin de redevenir louve, quitter la ville, évacuer sa colère et sa honte qui l'avaient prise.
Sans un mot, elle quitta l'hôpital et rejoignit la forêt qui semblait lui offrir le calme et la sérénité dont elle avait besoin.
Ce ne fut qu'une fois là bas qu'elle relâcha tout contrôle, s'enveloppant dans la noirceur bienvenue d'une inconscience plus profonde encore que la mort.
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Aleksej Nikolaevič
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre à l'Hopital.   Dim 17 Oct - 20:01

...

Un bruissement superficiel. Une détonation. Un grondement. Puis, plus rien. C'était là les derniers souvenirs du russe quant à la nuit passée à l'hôpital avec Athéna, à combattre ce vampire. Mais d'ailleurs, qu'était-il advenu du vampire ? Et Athéna ? Où était-elle ? Est-ce qu'elle allait bien ? Suite à cet incident, était-elle rentrée sagement à l'appartement du jeune homme ? Beaucoup de questions trottaient dans son esprit alors qu'il n'était pas encore réveillé. C'est peu à peu qu'il reprenait contact avec la réalité. Des bips répétitifs et familiers laissaient ses sens reprendre leur place peu à peu, une absence d'odeur, une atmosphère légère, le silence. Les sourcils du jeune homme se froncèrent un peu et peu à peu, ses paupières se soulevèrent pour laisser entrapercevoir ses yeux voilés, encore troubles par le long sommeil qu'il venait d'avoir. Le blanc de la pièce l'aveugla un bon moment et l'habitude fut difficile à prendre ; il eut beaucoup de mal à se réveiller convenablement. Quelques minutes lui furent nécessaires et enfin, il put détailler les environs.

Aleksej savait qu'il était dans l'hôpital, il n'avait pas vraiment bougé, finalement. Son corps était très peu couvert, une simple tenue fournie par l'hôpital, un draps et deux couvertures masquaient entièrement son corps, seul son bras gauche, nu, demeurait à l'air libre pour une simple et bonne raison : la perfusion présente à hauteur de son poignet. Déjà un hématome s'était formé autour du dispositif, signe qu'ils avaient eu du mal à trouver la veine, sans doute. Habitué, finalement, à ce genre de situations, le russe sortit machinalement son bras droit de sous les couvertures avant d'actionner une commande sur le rebord du lit, lui permettant alors de se redresser un peu tout en restant collé au matelas. Presque assis, il était en mesure de détailler davantage la chambre. Le jour ou encore l'heure étaient deux points qu'il ignorait, pourtant se rappeler de la cause de sa présence ici fut relativement aisée. Il faisait jour et étant donné la clarté que lui offrait la fenêtre à sa gauche, l'après-midi devait être assez avancée. Pourtant le silence demeurait, comme s'il se trouvait là dans un monde à part avec, pour seule compagnie, le bruit agaçant d'une machine qui n'était capable que de donner son rythme cardiaque.

La chambre était plutôt petite, quoique moyenne peut-être. A la droite du lit où se trouvait Aleksej se tenait une petite table supportant tout le matériel médical. Un peu plus loin sur la gauche, collée au mur, une table en bois clair siégeait là. Sur elle : strictement rien et une chaise se trouvait devant ce bureau improvisé. Toujours de ce côté et peu après le bureau : une fenêtre voilée derrière de fins rideaux transparents. Face au lit, un mur entièrement blanc sur lequel était accroché un tableau représentant un paysage quelconque, sans aucun intérêt. Ce paysage devait peut-être réconforter les patients tout juste éveillés ou encore les enfants attendant sagement le moment où viendrait leur départ... Mais ce n'était pas son cas à lui, bien trop habitué à ça. Il n'était plus sensible à ce genre de petites attentions des médecins ou du personnel pour faire patienter les clients ou les soutenir un peu. Tout ce qui l'intéressait, c'était la petite plaque de métal crochetée au pied de son lit qui faisait le descriptif de son diagnostic. Cela dit, il n'avait pas non plus vraiment besoin de ça puisqu'il savait déjà ce qui lui était arrivé.

Un soupir las lui échappa alors que son regard se heurtait à la seule amie qu'il avait en ce moment : cette fameuse machine. Elle aussi, elle devait se sentir seule parfois, tout particulièrement lorsqu'elle n'était pas reliée à quelqu'un pour retranscrire son rythme cardiaque, respiratoire, et d'autres paramètres encore qu'il ne connaissait pas en dépit du temps passé dans ces lieux. Alors le russe n'avait plus qu'une chose à faire puisqu'il n'était plus fatigué : retenir sa respiration pour influencer la machine. Le rythme des bips changea, il eut l'occasion de voir des chiffres augmenter et d'autres chuter. Pourtant, dans ce jeu provisoire, Aleksej fur interrompu car une infirmière entra dans sa chambre. Habituée à le voir paisiblement endormi, elle fut surprise de le voir éveillé et ainsi redressé. Surprise au point que, finalement, elle mit un certain temps avant d'user de politesse. Bien vite, un sourire illumina son visage et elle se présenta comme étant une toute nouvelle infirmière. Elle lui avoua avoir entendu parler pas mal de lui : comme les autres, elle savait déjà nombre de choses à son sujet. Elle lui expliqua aussi la raison de sa présence ici : plusieurs hémorragies internes localisées aux chevilles et aux genoux.

- Vous êtes resté quatre jours dans le coma et avez subi plusieurs opérations. Voulez-vous manger quelque chose ?
- Non, je vous remercie. Savez-vous quand je vais pouvoir sortir ?
- Je ne peux rien vous dire à ce sujet, il faut voir avec le docteur. Je vais vous laisser vous reposer !
- Merci quand même... Dasvid...
- Oh j'oubliais ! Puis-je autoriser les visites ?
- Si vous y tenez...
- Parfait ! Je repasserai plus tard !

La toute jeune infirmière quitta la pièce dans la foulée, laissant à nouveau Aleksej seul, et pour de bon cette fois-ci puisqu'elle avait débranché la machine aux "bips", lors de son passage. Le russe n'avait pas voulu manger : un peu barbouillé à son réveil, il ne fallait pas trop lui en demander, lui qui, déjà, ne mangeait pas beaucoup en temps normal. Les yeux clairs du jeune homme s'égarèrent encore sur la perfusion, et puis il appuya finalement sa tête sur l'oreiller moelleux tout en fermant les yeux. Il n'y avait rien à regarder mais il avait pourtant bien assez dormi, alors il se contenterait de se reposer, de somnoler tout au plus. Aleksej avait autorisé les visites pour la simple et bonne raison que personne ne viendrait le voir. Une disparition de quelques jours était courante dans le milieu de la Coalition : une lourde blessure qu'il fallait guérir, un besoin de se ressourcer, une disparition malencontreuse. Bref, le jeune homme avait beau y réfléchir, il demeurait certain que personne ne viendrait prendre de ses nouvelles et il ne s'en vexait pas. Tout au plus, on en prendrait après, une fois son retour parmi ses collègues. Détendu, maintenant il songeait déjà à ce qu'il allait faire une fois sorti de l'hôpital... Son appartement devait avoir besoin d'un peu de ménage ; il n'était pas même certain d'y retrouver Athéna. Peut-être avait-elle trouvé un autre membre de la Coalition à suivre, quelqu'un d'un peu plus résistant. Les mains croisées sur son ventre dissimulé sous les couvertures, Aleksej avait un air serein, calme, qu'on ne lui connaissait que bien peu.
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Athéna Akuma
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre à l'Hopital.   Lun 18 Oct - 18:54

Après le combat qui avait blessé Aleksej, elle avait repris son ancienne vie... A quelques différences près. N'ayant pas les clefs de l'appartement et ne désirant pas s'attirer les foudres de son ami, elle n'avait pas touché à la serrure, et avait donc renoncé à vivre à la manière des humains.
Mais si ses nuits restaient toujours faites de traques et de combats, elle rejoignait dès l'aube l'hôpital où se trouvait son compagnon. Même s'il restait aussi désespérément comateux, elle se sentait un peu moins coupable à le voir dormir tranquillement. L'expression de son visage devenait alors plus douce, plus calme. Il n'avait plus grand chose en rapport avec cet homme froid, presque désespéré, qu'elle avait croisé dans les bois quelques jours plus tôt.
Quelques jours qui lui paraissaient des mois.

Au début, elle s'installait pour la journée sur l'unique siège de la chambre que les infirmiers avaient décidé de mettre à sa disposition, mais très vite, l'odeur étouffante des désinfectant, le parfum omniprésent du sang et les bip strident de la machine l'avaient découragé. Ses oreilles sensibles aux ultrasons maltraités par l'engin répétitif avait hurlé jusqu'à ce qu'elle décide de trouver refuge sur le toit. Le soleil d'hiver qui baignait la terrasse supérieur était idyllique. Il tenait à distance le froid mordant d'un mois d'octobre glacial et lui offrait une lumière bienvenue qui colorait le monde noyé de brouillard d'une touche d'or qu'elle admirait.

Débarrassée des soucis humains et n'ayant plus à voyager, elle avait plus de temps libre qu'elle n'en avait jamais eut depuis plus de 50 ans. mais elle supportait mal l'inactivité, et très vite, elle avait repris ses crayons et quelques feuilles, désormais couvertes de croquis à peine ébauchés. Elle avait crayonné les contours de l'hôpital tel qu'elle les voyait, à peine ébauché les multiples angles agressifs d'une ville noyée dans son propre monde, dessiné encore et encore un mode de vie qui lui échappait. Elle voulait qu'après son départ, il lui reste des souvenirs de cette vie sédentaire, rappel d'un choix qui resterait possible.

Lorsque le russe reprit conscience, elle rêvassait un étage plus haut, inconsciente de son réveil. Sur ses jambes croisées reposait une esquisse de la chambre d'hôpital en dessous d'elle. Ce ne fut que lorsque l'infirmière entra et que la conversation commença qu'elle sortie de ses pensées.

- Vous êtes resté quatre jours dans le coma et avez subi plusieurs opérations. Voulez-vous manger quelque chose ?
- Non, je vous remercie. Savez-vous quand je vais pouvoir sortir ?
- Je ne peux rien vous dire à ce sujet, il faut voir avec le docteur. Je vais vous laisser vous reposer !
- Merci quand même... Dasvid...
- Oh j'oubliais ! Puis-je autoriser les visites ?
- Si vous y tenez...
- Parfait ! Je repasserai plus tard !


Les bips énervant de la machine s'éteignirent avec une sorte de couinement étouffé qui lui arracha un sourire. Lorsque le claquement de la porte eut résonné et que les claquement de talon de la nouvelle infirmière se furent éloignés, elle s'approcha du bord du toit, et se laissa glisser sur le rebord de fenêtre, entrant d'un mouvement souple et parfaitement silencieux dans la chambre presque nue. Amusée, elle fixa le visage calme d'Aleksej qui ne l'avait manifestement pas entendue et posa sa pochette sur la petite table proche, s'approchant du lit.

Alors, grand chasseur? Enfin réveillé?

Sa voix était moqueuse mais son sourire sincère. Elle hésita un instant à s'asseoir sur le bord du lit puis renonça en avisant les fils de la perfusion qui couraient sur le matelas. Avec un soupir, elle se contenta de le fixer. Son sourire restant sur ses lèvres comme une légère ombre satisfaite.

Tu as fait une sacrée frousse aux infirmières. L'une d'elle est devenue plus blanche qu'un linge quand je t'ai ramené.

Elle même n'avait pas été particulièrement inquiète. Elle savait que même si Aleksej était hors de tout sauvetage humain, il restait un moyen de le sauver. L'inquiétude n'avait jamais eut de place dans son esprit, elle n'allait pas commencer maintenant. En revanche, elle se sentait toujours aussi coupable de son sort. Elle savait que ses connaissances des maladies humaines se limitaient à un certain niveau (mis à part l'albinisme dont elle avait légèrement souffert avant sa transformation) mais n'avait jamais imaginé cette lacune comme un problème. Son regard se fit plus sérieux alors qu'elle continuait.

Il va falloir que tu me dise ce que c'est vraiment que l'hémophilie. Même si tu te moque des risques, ne recommence pas un coup pareil. Tu aurais du me dire que tu étais blessé.

Parmi les qualités (ou défaut?) d'Athéna se trouvait une facilité à s'attacher à certaines personne presque immédiate. Si Akuma tenait la majorité des gens à l'écart, Athéna compensait par une amitié rare mais immédiate. Jusqu'ici, ce compromis ne l'avait jamais gêné, et elle n'avait pas l'intention de commencer. La colère et la honte qu'elle avait ressentit contre elle même quand elle avait découvert qu'elle avait blessé Aleksej, même indirectement, avaient été assez fortes pour qu'elle soit déterminée à clarifier le plus possible les problèmes résultant de sa maladie.

Cependant elle percevait, deux étages plus bas, l'infirmière qui annonçait avec une joie visible le réveil du jeune homme. Entendant l'infime raclement d'une chaise, elle soupira et ajouta avant qu'il ne puisse répondre à ses questions ou émettre une hypothétique protestation.

Le médecin va arriver... Avant que tu dise quelque chose de gênant, sache que je lui ai fait croire que j'étais une ancienne membre de la Coalition transformée pendant un combat. Il croit qu'un Vampire qui n'a jamais bu le sang des humains résiste au soleil. Il ne faut surtout pas que quelqu'un d'autre ne sache l'existence des Loups.

Elle avait un léger sourire. Se faire passer pour ses pires ennemis ne l'avait gêné, au contraire, sa peau pâle, ses dents un peu trop pointus et ses capacités surhumaines étaient une formidable excuse aux dégâts que ses combats pouvaient causer. Dans l'ignorance de l'existence des Lycans, les humains râleurs qui tatillonnaient sur une porte brisée ou quelques traces de griffes dans les murs ne cherchaient pas à la retrouver. Ils partaient tous du principe que, étant immortelle, il ne la retrouveraient pas.

Elle avait bien fait de préciser ce petit mensonge, car quelques minutes plus tard, la porte grinça alors qu'elle s'ouvrait sur le médecin. Ce dernier ne parut pas surpris de la voir, tout juste contrarié, alors que l'infirmière qui l'accompagnait l'observait avec des yeux ronds. Elle se contenta de reculer légèrement alors que l'homme s'approchait, s'arrangeant pour la garder dans son champ de vision. Il se méfiait d'elle, c'était flagrant.
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Aleksej Nikolaevič
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre à l'Hopital.   Ven 22 Oct - 20:32

Sa voix le sortit de sa somnolence passagère et un léger sourire éclaira le visage du jeune homme lorsque ses yeux s'attardèrent sur la silhouette familière d'Athéna. Sans doute était-elle passée par la fenêtre : pas étonnant. Elle avait posé une pochette quelconque sur la table vierge de la pièce et s'était un peu approchée de lui. Elle semblait souriante, c'était plutôt agréable pour lui. Son absence ne devait pas l'avoir perturbé plus que cela. Sa voix, ses paroles semblaient un brin ironiques, peut-être même moqueuses mais il ne se vexa pas. Le sourire qu'elle avait l'en dissuadait. Un bref soupir lui échappa et finalement elle reprit la parole sans le lâcher des yeux, sans non plus se départir de son sourire. Ce qu'elle lui raconta là ne le surprit même pas. C'était une habitude. Il surprenait sans cesse les infirmières et ces dernières se faisaient beaucoup de soucis pour lui, toujours à se demander si " Cette fois, il s'en sortirait ou non ". Il ne put s'empêcher de rire un peu lorsqu'elle lui avoua que l'une d'elle avait pâli à l'extrême en le voyant arriver. Là encore ce n'était guère surprenant. Le plus étonnant dans l'histoire était de voir que Aleksej était agréable et souriant. Les jours de coma lui avaient procuré un repos qu'il ne connaissait que rarement. Le stress qu'il était susceptible de vivre au quotidien s'était évaporé provisoirement et le jeune homme mûr qu'il était d'ordinaire s'effaçait légèrement pour laisser entrevoir le jeune garçon qu'il devrait être en théorie. Ainsi, il paraissait presque heureux tant il respirait d'innocence.

Le regard d'Athéna se fit soudainement plus dur, plus sérieux peut-être et elle reprit la parole. Elle voulait savoir tout ce qui touchait à l'hémophilie. Ce que ça pouvait entrainer, les effets et les conséquences de la maladie. L'entendant ainsi parler, Aleksej commençait déjà à appréhender. Allait-elle, elle aussi, se mettre à le surprotéger ? De même, elle lui lançait un avertissement : ne plus prendre de risques. Oui mais la maladie l'entravait à un point tel que s'il se devait de faire attention, alors il passerait le restant de sa courte vie dans ce lit, à l'hôpital. Or c'était tout simplement in-envisageable pour lui. Un nouveau soupir lui échappa et elle ajouta presque immédiatement, avant même qu'il ne puisse apporter une quelconque précision, que le médecin n'allait pas tarder. Il est vrai que les loups ont des sens plus développés que les humains. Désireuse de protéger les siens, elle avait raconté un mensonge au médecin, alors le russe prêta grande attention à ses paroles, afin de ne pas réaliser de contradictions entre les propos qu'elle avait tenu pendant son coma et ce qu'il pourrait dire maintenant. L'histoire qu'elle avait trouvé n'était pas mauvaise et le médecin n'était pas spécialement au courant des principes de la Coalition. Si le mensonge d'Athéna venait à se réaliser, si un membre se transformait en vampire, il n'était pourtant pas certain que Sullivan n'ordonne pas sa mise à mort immédiate. Force était de constater que la précision selon laquelle un vampire n'ayant pas bu le sang humain était en mesure de résister au soleil était plutôt bien trouvée. Personne ne devait savoir l'existence des Loups et il tiendrait sa langue jusqu'à temps qu'elle le lui ordonne. Un léger sourire sembla étirer ses lèvres et Aleksej n'eut, là encore, pas le temps de répondre que le médecin entrait. Finalement, il ne put qu'approuver les paroles d'Athéna d'un bref mouvement de tête affirmatif.

La porte de la chambre du jeune homme s'ouvrit sur le docteur, suivit de près par l'infirmière. Si l'homme ne sembla pas surpris de déjà trouver Athéna dans la pièce, l'infirmière parut bien plus sceptique quant à cette soudaine apparition. La lycane recula un peu en voyant la troupe d'humains arriver, mais malgré ce mouvement de sa part, le docteur avait les yeux braqués sur elle, redoutant sans doute une prise à revers. Ainsi, l'homme salua simplement le russe d'un mouvement de tête avant de le faire sortir un peu de sous les draps. Visuellement d'abord, le docteur l'examina mais son comportement méfiant n'avait de cesse de faire sourire le jeune homme. Alors qu'il était en train de vérifier le pouls du russe, ce dernier se décida enfin à prononcer un mot, peut-être un peu mal-à-l'aise de par la tension qui régnait dans l'air, de par la présence mutuelle du docteur et de la lycane.

- Elle ne mord pas, vous savez. Elle m'a sauvé après tout, non ?
- ... Hm.

Nouveau sourire, quoiqu'il s'agissait peut-être d'un rire léger, même. Le docteur releva la tête, quelque peu étonné par l'humeur du jeune homme qui, d'ordinaire, ne s'autorisait pas ce genre de banalités. Sans apporter de quelconque commentaire cependant, il se mit à observer les réflexes du russe. Cette partie du diagnostic était relativement amusante pour ce dernier, et ses réflexes étaient corrects quoi qu'encore un peu limités.

- Quand vais-je sortir, docteur ?
- Dans le meilleur des cas, demain. Vos jambes sont encore fragiles, mieux vaut leur laisser encore une journée de repos et après, nous verrons. En conséquence, inutile de rappeler qu'il vous est interdit de bouger de votre lit.
- ... D'accord.
- Si vous avez envie de voir autre chose que votre chambre, prévenez les infirmières, elles iront vous promener en fauteuil. Je reviendrais voir les éventuelles évolutions ce soir et nous en reparlerons.
- Bien, docteur. Merci.

Le docteur estima aussi qu'il pouvait libérer Aleksej de sa perfusion et il le salua avant de quitter la pièce avec l'infirmière qui semblait toujours autant surprise de trouver Athéna là. Quelques instants, le russe resta immobile le regard perdu dans le vague en direction de la porte. Encore une journée en ces lieux, quelle poisse. Mais s'il était contraint de rester une journée de plus, il n'allait sans doute pas y rester en étant assis ou allongé toute la journée. Le mutisme s'empara à nouveau temporairement d'Aleksej et ses yeux retrouvèrent une visibilité nette. Un bref sourire mélancolique étira ses lèvres alors qu'il reportait toute son attention sur Athéna.

- L'hémophilie, donc... Et bien c'est une maladie qui empêche le sang de coaguler convenablement. Les hémophiles ne saignent pas en quantité plus importante, mais plus longtemps. Les saignements superficiels, telle que la griffure que j'ai eu, ne sont finalement pas les plus graves : un bandage suffit à régler le problème. Les hémorragies internes sont un peu plus contraignantes car elles peuvent survenir, dans mon cas, à la suite d'un choc minime. De telles hémorragies peuvent être mortelles si elles sont particulièrement graves. Cela dit, lors de l'altercation avec le vampire, je n'ai pas eu le temps de souffrir véritablement. Et... Si les hémorragie viennent à se multiplier sans être traitées, notamment au niveau des articulations et des muscles, elles peuvent entraîner une destruction articulaire irréversible. Autrement dit : elles peuvent entraîner un handicap dû à des déformations. Inutile de préciser que, peu importe les traitements subis pour soigner le malade, ce dernier finira sa vie avec la maladie puisqu'elle ne peut être guérie, encore de nos jours.

D'autres choses encore pouvaient être dites. Le fait que même le traitement pouvait s'avérer dangereux, le fait que chaque sortie devait être source de prudence. Il pouvait aussi dire que le fameux traitement que le médecin lui proposait il y a quelques jours l'amènerait à se rendre quotidiennement à l'hôpital : tous les deux ou trois jours. Le traitement pouvait, bien entendu, être réalisé à domicile par le malade lui-même mais, aussi patient soit-il, constater ainsi sa faiblesse chaque jour empêchait purement et simplement Aleksej de faire quoi que ce soit à ce niveau. Un instant encore il resta immobile et finalement, les draps le recouvrant voletèrent lorsqu'il pivota sur lui-même. Le russe se tenait maintenant au bord du lit, ses jambes étaient pendantes, dans le vide, et il tournait le dos à Athéna. Les bras du jeune homme se fléchirent un peu et prudemment, il foula le sol de ses pieds nus. Ses jambes étaient un peu engourdies mais il parvenait à tenir plus ou moins debout. Tel un funambule face à sa corde, Aleksej eut un peu de mal à trouver son équilibre et c'est en faisant de petits pas qu'il progressait dans le pièce. Son regard était rivé sur le sol et il souriait un peu, un sourire innocent et enfantin. Une fois qu'il eut parcouru lentement toute la longueur du lit, le jeune garçon posa sa main sur ce dernier afin de se reposer un peu, afin d'avoir un appui. Il redressa la tête et attarda ses yeux sur la lycane avant de sourire.

- J'ai rêvé d'une louve, pendant ces quatre jours.
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Athéna Akuma
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre à l'Hopital.   Sam 23 Oct - 15:02

Aleksej lui sourit. Il était si différent de la partie de lui qu'il lui avait laissé voir qu'elle se surprit à détailler son visage, s'attendant presque à voir l'ombre froide de son indifférence reprendre la place sur ce visage serein. Débarrassé de cette morosité, il paraissait... heureux. Elle réalisa soudain que c'était la première fois qu'elle le voyait sourire ainsi, il était si différent quand il laissait le bonheur tranquille s'afficher sur son regard qu'elle ne put s'empêcher de lui retourner son sourire. Elle était heureuse de voir que cette espèce d'attente de la mort avait disparu de lui.

Elle voulut ouvrir la bouche mais avant qu'elle puisse aligner les quelques mots qui avaient prit place dans son esprit, la porte s'ouvrit sur le médecin et l'infirmière. Douchée par leur arrivée comme par le regard méfiant qu'il lui adressait, elle recula en silence jusqu'à un coin de la pièce, se contentant d'observer calmement. Mais son immobilité n'avait pas l'air de rassurer le docteur qui s'arrangea pour la garder dans son champ de vision.
Au bout d'un instant de silence pesant, Aleksej prit la parole, sa voix moqueuse résonnant clairement dans le vide de la pièce.

- Elle ne mord pas, vous savez. Elle m'a sauvé après tout, non ?
- ... Hm.


Un léger rire s'échappa des lèvres du russe, provoquant un léger sourire d'Athéna devant cette assertion. Le septicisme du médecin était amusant mais compréhensible étant donné l'état dans lequel ils avaient retrouvé le Vampire. Appuyé discrètement contre un mur, elle observa le médecin passer sa batterie de test, constatant avec une pointe de colère les réflexes limités de ce derniers. Elle n'effectua pas le moindre mouvement durant l'examen, se contentant de regarder, vaguement pensive.

- Quand vais-je sortir, docteur ?
- Dans le meilleur des cas, demain. Vos jambes sont encore fragiles, mieux vaut leur laisser encore une journée de repos et après, nous verrons. En conséquence, inutile de rappeler qu'il vous est interdit de bouger de votre lit.
- ... D'accord.
- Si vous avez envie de voir autre chose que votre chambre, prévenez les infirmières, elles iront vous promener en fauteuil. Je reviendrais voir les éventuelles évolutions ce soir et nous en reparlerons.
- Bien, docteur. Merci.


L'annonce la surprit quelque peu. L'idée de devoir rester une journée entière au lit était pour elle une aberration, c'était d'autant plus étonnant que le jeune homme semblait accepter.
Le docteur ôta la perfusion, ce qui arracha un sourire satisfait à la lycanne et ressortit, accompagné de l'infirmière qui lui jeta un regard curieux.
Avec un sourire, elle se détacha du mur et s'avança vers le lit, s'asseyant près de lui en observant le sourire presque mélancolique qui avait prit la place sur son visage. Le sommier grinça légèrement alors qu'il se redressait.

- L'hémophilie, donc... Et bien c'est une maladie qui empêche le sang de coaguler convenablement. Les hémophiles ne saignent pas en quantité plus importante, mais plus longtemps. Les saignements superficiels, telle que la griffure que j'ai eu, ne sont finalement pas les plus graves : un bandage suffit à régler le problème. Les hémorragies internes sont un peu plus contraignantes car elles peuvent survenir, dans mon cas, à la suite d'un choc minime. De telles hémorragies peuvent être mortelles si elles sont particulièrement graves. Cela dit, lors de l'altercation avec le vampire, je n'ai pas eu le temps de souffrir véritablement. Et... Si les hémorragie viennent à se multiplier sans être traitées, notamment au niveau des articulations et des muscles, elles peuvent entraîner une destruction articulaire irréversible. Autrement dit : elles peuvent entraîner un handicap dû à des déformations. Inutile de préciser que, peu importe les traitements subis pour soigner le malade, ce dernier finira sa vie avec la maladie puisqu'elle ne peut être guérie, encore de nos jours.

Incurable, dangereuse, contraignante. C'était ce qu'Athéna avait retenu de cette idée. Curieusement, alors que cette annonce aurait du l'agacer, alors qu'Akuma aurait du appuyer ces problèmes pour la convaincre de partir, la louve resta silencieuse...
Et le seul sentiment qui resta fut une calme attente. Elle se leva du lit et l'observa qui se levait, souriant légèrement, sans penser aux recommandations du médecin. Elle l'observa qui contournait le lit, détaillant sans y penser son torse dénudé alors qu'il tentait de traverser la chambre.

Alors qu'elle le contemplait qui vacillait légèrement sur ses jambes, son esprit était partit un peu plus loin, repassait sur les traces impalpables de loups géants, suivait en courant la piste brûlante d'une proie au sang froid...
L'argent de son regard observait cette vie qui avait été la sienne après la mort de Toboe. Elle avait beau avoir adoré chaque jour de son existence, il lui avait toujours manqué un petit quelque chose, qu'elle avait retrouvé en quittant son voyage interminable.
La compagnie d'un humain, l'amitié, l'amour, valaient-ils vraiment la peine d'abandonner cette exultation sauvage qui avait toujours jailli du moindre de ses actes? Quelques jours plus tôt, elle n'aurait pas hésité, les rejetant en bloc, mais à présent qu'un lien à la fois nouveau et fort la liait au jeune combattant, l'évidence n'était plus aussi tentante.

*Il mourra. Ne t'attache pas aux humains, je ne veux pas revivre une nouvelle perte.*

La voix d'Akuma était presque suppliante, elle ramenait à la surface de son âme toute la douleur qu'elle avait éprouvé lorsque sa famille puis son "grand frère" avaient péri. Mais ces souvenirs étaient enrobés de la douceur de leurs amitiés mêlées.
Cela valait-il vraiment la peine de risquer peine et horreur à chaque coin de sa vie? L'immortalité n'avait-elle pas été un cadeau empoisonné?

Inconscient de ses réflexions, Aleksej traversait la pièce à petit pas, testant prudemment l'état de ses membres. Elle le détaillait de son regard d'argent pensif, sans qu'il ne paraisse s'en rendre compte. Ce ne fut que lorsqu'il leva les yeux sur elle, ses yeux émeraude s'égarant vers elle alors qu'il reprenait la parole, son sourire presque innocent continuait d'illuminer son visage.

- J'ai rêvé d'une louve, pendant ces quatre jours.

Cette phrase la sortie de ses pensées. mais plus que le sens réel de ses paroles, ce fut son sourire, son visage heureux qui la convainquit. Cela en valait la peine, il n'y avait pas à douter.
Elle s'approcha, souriante, et ouvrit la bouche mais Akuma la figea, presque paniquée par cette décision qui la condamnait. Furieuse, elle emplit son esprit et figea son corps, enveloppant l'âme de sa comparse dans un étau aux couleurs fauves.

*Il est humain! Il ne vivra pas plus de cinquante ans dans son état! Ne renie pas ta nature pour une vie aussi courte!*

Elle sentait la souffle chaud de la louve dans son cou, elle pressentait sa panique...
Puis les mots d'Aleksej lui revinrent. - J'ai rêvé d'une louve...
Un sourire lui échappa, alors que la pression d'Akuma se relâchait légèrement, tentant de comprendre le fil de sa pensée. Ils avaient raison plus qu'ils ne le croyaient, elle était louve et non humaine. C'était ce qui l'avait toujours caractérisé, même avant de rencontrer Toboe...

*Il ne l'est que pour l'instant, tu as raison.*

Elle s'approcha un peu plus, ayant retrouvé le contrôle partiel de son corps. La surveillance de la louve lui donnait une démarche étonnement souple. Du bout des doigts, elle lissa le bandages qui enserrait la peau pâle du jeune homme, fixant son visage de son regard métissé d'éclats émeraudes. Dans son regard d'argent se lisait une sorte d'hésitation, de question inaudible.
Puis un léger sourire s'installa sur son visage alors qu'elle brisait le silence.

Tu es humain, cela fait bien longtemps que j'ai quitté ce monde... Elle hésita un instant puis recula jusqu'à la fenêtre, d'où l'épaisseur sombre de la forêt était visible. Elle l'observa un instant puis se retourna, fichant son regard dans celui d'Aleksej, dans son âme. Voudrais-tu... me rejoindre?
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Aleksej Nikolaevič
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre à l'Hopital.   Lun 25 Oct - 23:45

Aleksej ne s'en rendit compte que trop tard mais apparemment, Athéna le détaillait. Elle le détaillait plus que d'ordinaire, un regard qui le laissait presque perplexe tant il était peu habituel. S'était-elle inquiétée pour lui ? A moins qu'elle ait une annonce quelconque à lui faire. Une annonce qu'elle jugeait peut-être digne d'un silence et d'une observation aussi approfondis. Un sourire aux lèvres, elle s'approcha un peu. Le russe eut l'impression qu'elle commença à parler, pourtant aucun son ne sortit de ses lèvres légèrement entrouvertes. Immobile soudainement, silencieuse également, Athéna semblait être absente, psychologiquement parlant. Son corps était dans la pièce, pourtant ses pensées la transportaient bien loin. Un temps, elle resta ainsi et un nouveau sourire vint mettre fin à cet immobilisme prolongé. Elle s'approcha davantage en des mouvements qui semblaient plus fluides, peut-être, plus félins. Des mouvements gracieux et délicats. C'est de la même façon qu'elle frôla les bandages recouvrant la peau claire du jeune homme. Ses yeux argentés se posèrent alors dans ceux d'Aleksej alors qu'elle n'avait de cesse de sourire. En dépit de ce rictus apparent et également permanent en l'occurrence, les yeux de la lycane semblaient laisser passer nombre de questions. Elle hésitait, ou se questionnait tout au moins. Pourtant le sujet lui était encore inconnu.

Lorsqu'elle reprit la parole, Aleksej resta calme et impassible comme il avait l'habitude de le faire. Certes, il ne souriait plus car il n'y avait plus vraiment matière à, pourtant il était encore loin de cette expression froide qui le caractérise d'ordinaire. Le masque de l'innocence était encore posé délicatement sur son visage, peut-être s'y plaisait-il. L'air énigmatique de son interlocutrice le laissait pantois. Où voulait-elle en venir ? Et pourquoi autant de suspense ? Certes, elle n'était plus humaine puisque maintenant, elle était lycane mais pourquoi faire un tel retour dans le passé ? Alors qu'elle était tout près de lui, Athéna fit marche arrière et rejoignit la fenêtre qu'elle avait quitté au départ de l'infirmière et du docteur. Son regard semblait encore perdu dans le vague, comme si elle guettait le paysage en silence. Il est vrai que l'hôpital, grand bâtiment, offrait une belle vue sur les plaines et la forêt, plus loin. Des lieux "sauvages" qui appartenaient aux vampires et aux loups mais que les humains, crédules, croyaient en leur possession. Elle se tourna alors un peu, reportant encore son regard sur lui, un regard où plus rien ne semblait demeurer. Toutes les questions préalables avaient, apparemment, disparu et maintenant elle était sûre d'elle. Quoique, un brin d'hésitation se fit sentir dans sa voix, il était pourtant trop tard. Les mots avaient franchi la barrière de ses lèvres, ils avaient dépassé le stade de simples pensées.

Aleksej aurait pu être surpris par une telle proposition, il aurait pu s'en offusquer ou encore sauter de joie. Pourtant il resta impassible. Une proposition bénigne, voilà ce qu'elle lui offrait. Elle aurait très bien pu lui proposer de descendre se promener ou d'aller manger quelque chose que sa réaction aurait été en tout point identique. Un sourire, seulement, étira ses lèvres. L'innocence avait beau être présente, elle n'altérait pas encore ses facultés mentales. Aleksej était, certes différent, il se souvenait quand même. Il se souvenait de son handicap, de la mort de ses parents et de ses sœurs, des souffrances qu'il avait enduré jusque là. Pourtant cette partie de lui avait fait son deuil et il apprenait à revivre malgré tout. Il apprenait à revivre et non pas à survivre comme l'autre Aleksej, le jeune homme plus mur, l'homme peut-être même, membre de la Coalition. La main du russe cessa de prendre appui sur le lit et ses jambes recommencèrent à s'actionner. D'abord hésitants, ses pieds se trainaient un peu sur le sol, bien vite pourtant ils se soulevèrent pour se poser en douceur sur le sol froid de l'hôpital. Plusieurs pas sans qu'il ne trébuche ou chancèle simplement. Ce n'est que lorsqu'il fut en mesure de prendre appui sur le rebord de la fenêtre que ses jambes se dérobèrent sous lui. Un bruit brutal naquit de sa main droite plaquée contre le rebord, et de la gauche, partiellement crochetée à la table non loin. Calmement, le jeune homme respira et reprit lentement appui sur ses membres postérieurs en se redressant, reportant son regard sur le paysage.

- Dans mon rêve, la louve était seule. Elle était blanche, à l'exception de ses yeux qui étaient cerclés de noir. Son poil était un peu long, mais il semblait doux et bien entretenu. Elle avait la tête haute et les oreilles fièrement dressées. Mais elle était à l'arrêt... Et plus je m'approchais, plus elle devenait hostile. Elle a d'abord grogné, puis ses babines se sont mises à vibrer un peu. Et ses dents sont apparues, alors j'ai reculé et l'ai laissé. Mais c'était étrange car, malgré son agressivité, elle avait un regard... Triste.

Aleksej n'avait pas oublié la question d'Athéna, il ne cherchait pas non plus à s'accorder un délai de réflexion supplémentaire car il savait déjà, avant même qu'elle ne lui fasse une telle proposition, quelle serait sa réponse à une telle requête. Le russe voulait simplement raconter son rêve. Il ne savait pas vraiment s'il était concordant avec la réalité ou si c'était tout l'opposé, mais son subconscient en tout cas, avait associé cette louve à Athéna. Ou plutôt, à Akuma. Bien qu'ils n'aient pas eu le temps de se côtoyer longtemps, beaucoup de questions avaient été posées et nombre de réponses avaient été apportées. Malgré ce peu de temps passé avec elle, il avait su, semble-t-il, faire une brève distinction entre sa part humaine et sa part animale. C'était sans doute son côté humain qui l'avait incité à s'intéresser à la Coalition, à se mêler à nouveau aux Hommes. Mais son côté animal se méfiait sans cesse et n'aspirait qu'à la liberté. La liberté, c'est ce qu'Aleksej aurait voulu. A son tour, son regard se perdit sur le paysage qui s'offrait à lui au-delà des fenêtres, sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, la carapace dans laquelle il s'était enfermé après la mort de sa famille s'était entrouverte pour qu'Athéna s'y engouffre. Alors il n'était plus aussi froid, alors il n'était plus non plus aussi formel bien qu'il soit toujours lui-même.

- Devenir lycan me soulagerait de bien des maux, à commencer par l'hémophilie. Je pourrais profiter de l'air libre sans jamais me soucier de l'absence du lendemain. Malheureusement, je suis né humain. J'ai appris à vivre avec la maladie et un si brutal changement me semble impossible. L'hémophilie me suit depuis que je suis enfant, de ce fait, elle m'a privé d'une certaine liberté. Un animal en captivité qu'on lâche en pleine nature, sans qu'il ne sache rien de ce nouvel environnement, est voué à une mort certaine, non ?

C'était une question rhétorique, il n'attendait pas vraiment de réponse et son sourire mélancolique avait fait son grand retour sur son visage. Vivre comme un loup dans la forêt, se battre contre les vampires... Oui, c'était plutôt tentant et finalement, il avait beau y réfléchir, si ce n'est les puces, il ne voyait pas vraiment d'inconvénient. Vivre à l'écart des humains n'était pas problématique pour lui : il était solitaire de nature et bien maigre connaisseur en relation humaine. S'exiler éternellement en forêt ne lui poserait donc pas plus de problème que cela. Mais être humain lui permettait de garder la tête froide, quelque part. Il essayait de défendre sa race et par ses propres moyens, sans tricher en usant d'une chance de se transformer. Aleksej n'était pas du genre à profiter et même s'il avait tout à gagner en se laissant transformer, jamais il ne cèderait. Ou alors, il ne serait pas consentant. Pourtant il lui arrivait de trouver cette façon de penser ridicule. Pourquoi ne pas profiter ? Pourquoi prendre des risques inutilement alors que tout pourrait être plus simple ?

- Je ne peux pas dire que je me complais dans ma maladie, dans ce quotidien qui m'amène sans cesse à trainer entre mon appartement, l'hôpital et la Coalition... Mais je m'y suis habitué au fil du temps. Si je prends des risques, et si je ne fais pas réellement attention à moi, c'est pour me prouver que la maladie ne m'entrave pas autant que cela. Au moins, quand je me couche, lorsque la pensée de ne pas me réveiller le lendemain me traverse l'esprit... Je me dis que j'ai quand même été content de ma journée. Que je suis fier de ce que j'ai accompli, tant pis si je n'ai pu aller jusqu'au bout.

Un nouveau sourire étira ses lèvres, un sourire plus franc et bien moins triste. Au fond de lui, il était peut-être heureux, après tout, même s'il le masquait sans cesse derrière un masque de froideur impénétrable, ou presque. Le regard d'Aleksej se reporta sur Athéna et il se redressa.

- Tout ça pour dire que je décline ton offre. Mais merci d'avoir tout de même proposé.

Les bras du russe prirent appui sur le rebord de la fenêtre alors qu'il rebroussait chemin jusqu'à son lit. Il s'arrêta cependant en cours de route en attardant son regard sur la pochette qu'Athéna avait mis plus tôt sur la table, dès son arrivée. La tête du jeune homme pivota un peu tandis que sa main droite venait réajuster ses mèches de cheveux, l'empêchant de voir convenablement la lycane.

- Qu'est-ce ?
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MessageSujet: Re: Mauvaise rencontre à l'Hopital.   Lun 1 Nov - 15:41

Il allait refuser, elle s'en aperçut à l'instant même où le dernier mot s'échappa de ses lèvres. Son expression n'avait pas changé, elle avait presque l'impression que cette proposition n'étais pas plus importante pour lui que si elle lui avait demander de choisir entre sel et poivre.
Sans lui répondre, il vacilla jusqu'à la fenêtre, ses pas hésitants au rythme aléatoire reflétant la difficulté qu'il avait à marcher. Alors qu'il arrivait près d'elle, ses jambes flanchèrent, manquant de le projeter au sol, si ça main n'avait pas rattrapé le bord de la table non loin. Avec une respiration plus prononcé, il se redressa et lui répondit enfin.

- Dans mon rêve, la louve était seule. Elle était blanche, à l'exception de ses yeux qui étaient cerclés de noir. Son poil était un peu long, mais il semblait doux et bien entretenu. Elle avait la tête haute et les oreilles fièrement dressées. Mais elle était à l'arrêt... Et plus je m'approchais, plus elle devenait hostile. Elle a d'abord grogné, puis ses babines se sont mises à vibrer un peu. Et ses dents sont apparues, alors j'ai reculé et l'ai laissé. Mais c'était étrange car, malgré son agressivité, elle avait un regard... Triste.

La description ne l'avait que modérément surprise : si elle ne s'était pas montrée sous forme de louve à son ami, elle n'ignorait pas qu'elle avait une fâcheuse tendance à se transformer durant son sommeil...
Pourtant quelque chose lui disait qu'il ne décrivait pas une simple allégorie, que son rêve avait simplement été... particulièrement réaliste. Il avait compris que la jeune femme n'était pas une, mais deux, et cette louve méfiante qui s'opposait à son approche ne pouvait être q'Akuma...
Sauf qu'elle n'avait jamais été triste. Les loups ne connaissent pas le sens du mot deuil. Après la mort de ses parents, puis celle de Toboe, elle avait récupéré la moindre parcelle de désespoir pour muer cette hébétude en colère. La fureur sauvage qui prenait son âme animale n'avait rien d'humain, mais elle ignorait la tristesse.

Son regard errait sur le panorama urbain que leur offrait la fenêtre. Elle avait conscience que le jeune homme lui offrait une part de lui même qu'il cachait au monde...
Mais elle ne le comprenait pas. Sa réaction, ses pensées, elle ne saisissait pas les ressorts cachés qui animaient son esprit.

- Devenir lycan me soulagerait de bien des maux, à commencer par l'hémophilie. Je pourrais profiter de l'air libre sans jamais me soucier de l'absence du lendemain. Malheureusement, je suis né humain. J'ai appris à vivre avec la maladie et un si brutal changement me semble impossible. L'hémophilie me suit depuis que je suis enfant, de ce fait, elle m'a privé d'une certaine liberté. Un animal en captivité qu'on lâche en pleine nature, sans qu'il ne sache rien de ce nouvel environnement, est voué à une mort certaine, non ?

... Sauf s'il apprend. Mais cette question ne réclamait pas de réponses et elle resta silencieuse, cherchant en vain à comprendre un raisonnement qui lui échappait. Elle n'avait jamais envisagé ce changement d'existence comme néfaste, et encore moins comme ne lui étant pas destiné, mais à l'inverse d'Aleksej, elle avait prit ce don comme un dû, comme un simple complément de ce qu'elle était déjà. Son existence avait été empreinte d'une telle richesse de couleurs, d'émotions et de sensations! L'éternité toute entière était insuffisante pour prendre la pleine mesure de la beauté du monde. Comment aurait-elle pu se lasser de vivre? De voir?
Mais il avait refusé. Elle avait l'intuition que sa décision n'était pas due à une simple incompréhension de l'existence qu'elle lui proposait, qu'il avait déjà pensé à cette éventualité sans que les avantages pourtant innombrables de l'immortalité ne le tentent.

- Je ne peux pas dire que je me complais dans ma maladie, dans ce quotidien qui m'amène sans cesse à trainer entre mon appartement, l'hôpital et la Coalition... Mais je m'y suis habitué au fil du temps. Si je prends des risques, et si je ne fais pas réellement attention à moi, c'est pour me prouver que la maladie ne m'entrave pas autant que cela. Au moins, quand je me couche, lorsque la pensée de ne pas me réveiller le lendemain me traverse l'esprit... Je me dis que j'ai quand même été content de ma journée. Que je suis fier de ce que j'ai accompli, tant pis si je n'ai pu aller jusqu'au bout.

Il était heureux de sa vie telle qu'elle l'était, trop pour la troquer contre une chimère même convaincante. Si elle ne saisissait toujours pas le fond de son raisonnement, elle commençait à comprendre qu'il n'était du qu'à sa personnalité, aux principes qui étayaient la conscience de chacun. Avec un soupir de regret, elle hocha la tête à sa conclusion.

- Tout ça pour dire que je décline ton offre. Mais merci d'avoir tout de même proposé.

Il s'était tourné vers elle, un sourire franc aux lèvres. Son visage habituellement froid, figé dans une expression perpétuellement trop mûre qui éteignait la lueur de ses yeux émeraude devenait vraiment différent lorsqu'il souriait : elle avait l'impression de le voir heureux pour la première fois, comme s'il sortait d'une carapace soigneusement tissée depuis des années. Son sourire allumait de petites étincelles dans ses iris lumineux, alors qu'un rayon de soleil qui se glissait discrètement par la fenêtre faisait chatoyer ses mèches châtain, les teintant d'or au gré de ses caresses. Presque contre son gré, ses lèvres esquissèrent un sourire en réponse à celui qui étirait celles du jeune homme. Peut être avait-il raison finalement, peut être la vie humaine, plus risquée, plus brève mais bien plus intense était préférable...

Alors qu'il se retournait, son regard s'attarda sur la pochette qu'elle avait posé sur la table, quelques minutes plus tôt. Il replaça quelques mèches rebelles derrière son oreille, fixant l'objet de sa curiosité. Avec un sourire, elle s'approcha et ouvrit le rabat qui couvrait les feuilles.

- Qu'est-ce?
- Des souvenirs. Les plus récents et les plus fort. Les autres sont... ailleurs.


Le premier dessin, à peine une esquisse, représentait la ville telle qu'elle l'avait vue quelques minutes plus tôt : l'ébauche brumeuse d'un gratte-ciel au loin, les formes anguleuses d'un quartier maussade, la tâche sombre d'une zone encore dans l'ombre d'une nuit qui s'attardait. Puis, alors que le regard s'attardait sur les détails, on commençait à remarquer les silhouettes estompées par le petit matin de quelques passants, les tentatives timides d'une nature encerclée pour reprendre le dessus en étendant les branches rachitiques de quelques platanes taillés au dessus de la chaussée. C'était l'unique dessin de ville qu'elle avait jamais réalisé, mais même sa manière de dessiner montrait le peu d'attachement qu'elle avait face à ce type d'endroit.
En dessous, à moitié dissimulé par la première feuille, un dessin au fusain luisait doucement, éclairé par un rayon de soleil qui paressait sur la table. On reconnaissait aisément la chambre d'hôpital, manifestement dessinée lors d'un après-midi pluvieux. Les vitres étaient grisées par le passage incessant des gouttes mais même à travers le fusain on pouvait percevoir la chaleur tranquille qui régnait dans la pièce. Sur le lit, elle avait dessiné Aleksej tel qu'il l'avait été : torse nu, allongé sur le lit au milieu d'un entassement de coussins impressionnant dont la teinte volontairement feutrée faisait ressortir la peau claire du russe. Son air serein dans l'inconscience était représenté avec un réalisme étonnant, qui trahissait le temps qu'elle y avait passé.
La pochette était ainsi remplie de feuilles volantes qui s'agençaient en couches dont la variété de matière servait de chronologie : il y a deux cents ans, Athéna avait déjà cette manie de dessiner les lieux et les gens, mais ce talent était déjà (et l'est toujours) contre-balancé par une incapacité totale à ordonner ses dessins. Toboe avait fini par perdre patience, et l'avait emmenée de plus en plus régulièrement dans une cache où elle déposait les feuillets, ne gardant que les plus réussis ou les plus marquants.

Du bout du doigt, elle sortit quelques feuilles et les fit glisser dans la direction du jeune homme, lui permettant du même geste de regarder s'il le désirait. C'était ses souvenirs, mais dans la mesure où la plupart des plus récents le concernait, elle ne voyait pas d'inconvénient à le laisser regarder. Bien qu'il ne s'en doute probablement pas, cela signifiait beaucoup plus pour elle qu'une simple démonstration de talent.

- Si tu veux voir...

[désolée, je ne fais pas vraiment avancer le rp ^^' je ne savais pas quoi ajouter.]
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Mauvaise rencontre à l'Hopital.

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